19 mars 2010
Voyages

Hier, un jour cohérent. Du travail de fond et de composition. Écrire une lettre saisonnière aux clients et amis. J'ai besoin d'une pulsion pour l'accoucher d'un jet, sinon je suis portée à ne pas aimer ce que je compose péniblement, comme sous contrainte. Certaines lettres vont accompagner les cartes de souhaits de Pâques.

Virée au marché central avec l'un des fils qui doit renouveler sa prescription de verres de contact. Au passage, nous faisons quelques achats. Encore des livres pour moi. Encore des piles AA pour lui. Je ne sais ce qu'ils font mes fils mais ils en passent de la pile AA.

Un peu d'énervement avant d'aller au théâtre du Nouveau Monde hier soir, Huis-clos tel que je m'y attend. Le jeu solide des comédiens. Une mise en scène efficace. L'enfer c'est bien les autres, tout comme sur terre.

Cet après-midi, je suis sortie avec la puce. Je cherchais du regard l'aiguille pour l'essence. Je retrouve le volant dur, la poignée de porte rigide, et le sentiment de liberté d'être dans une si petite voiture. Libre de quoi, au fait? Peut-être du sentiment de culpabilité de consommateur de pétrole.

Jusqu'à il y deux ans, j'effectuais facilement des petits sauts de voyage d'une semaine peu coûteux pour aller à la rencontre d'amis, en Europe ou à la côte ouest américaine. C'était facile de s'éclipser une semaine de sa quotidienneté. Mais il me coûte maintenant de le faire, en plus de laisser lui derrière. Lui mais aussi mes parents. Ainsi que mes cours de chinois.

Nous voilà engagés dans des projets de voyage au long cours pour l'automne. Avec lui. C'est presque une opération d'équilibristes puisqu'il faut composer avec le vent contraire des dossiers à venir, toujours quand on s'y attend le moins. Dans la balance, la douce tyrannie de la routine et des liens affectifs que l'on veut bien. Les parents, les enfants, les clients, les moments forts dans la vie des autres. Tout cela forme les barreaux de cette cage invisible, comme dans Huis-clos, de laquelle on ne s'échappe pas. Volontairement. Puisque notre cage nous ressemble et notre monde indivisible. Voilà pourquoi les deuils et les pertes sont si durs à accepter. Alors il faut en profiter de notre monde, le temps qu'il n'est pas fêlé.

Ainsi je pèse et soupèse les occasions de partir et ... ne pars pas! Non à ma soeur qui vient de me proposer d'aller une semaine à Strasbourg. Non à un plan B pour remplacer un voyage prévu en juin à Vancouver et Seattle reporté par les amis-hôtes. Non peut-être à l'Océanie parce que le programme a été chambardé par les organisateurs. Contrariés, lui et moi pensons refaire tous les plans. Il n'y a que le voyage prévu avec la cousine qui n'a pas encore subi de revirement. Au fait, si, il devait avoir lieu depuis l'an dernier. J'en reparlerai quand les billets d'avion seront achetés. Pas avant.

Ce soir, nous allons sortir encore. Au Monument-National pour écouter Marc Hervieux. Voyager au coeur de l'humain tiens, c'est ce que je fais depuis trois soirs.

En sortant du spectacle, tous les deux nous aurions voulu plus de chants classiques, même si l'homme est bien sympathique. Et ce petit côté de «wedding singer» que j'ai identifié spontanément a été confirmé par cette critique. En espérant que le pop ne tue pas le lyrique!

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