21 août 2020
Espace et temps (2)

Voilà quarante-huit heures que nous sommes à la maison de campagne, seuls, sans enfant ni visiteur. À guetter la pluie pour ne pas avoir à arroser. Même le téléphone ne sonne pas. Hier nous sommes allés à l'épicerie pour acheter des fruits pour l'autel de bouddha, pour pas grand chose au fait, une excuse pour secouer la léthargie.

Il s'est mis à faire froid. Le soir descend plus vite. J'ai fait un feu de foyer. Mes pieds cherchent des chaussettes, ma tête nue cherche le béret. Perspective des jours et des nuits d'automne, des jours et des nuits d'hiver aussi. Lui jongle avec le spectre, moi pas. J'ai repris la lecture, de Nicolas Bouvier cette fois-ci: «Le Vide et le Plein», ses carnets inédits de voyage au Japon. Incidemment, dans la frénésie des derniers jours, j'ai pris le temps d'aller cueillir un coffret musical boîte à bijoux en bois peinte de paysages japonais avec incrustations de nacre, «vintage» selon la vendeuse qui l'a héritée de sa mère. La boîte à musique émet une mélodie sans âge, je n'ose pas trop remonter le ressort, de peur de le casser. Elle est là, sur la commode, réunie avec les estampes japonaises.

Il a plu la nuit dernière, pas aujourd'hui. J'en profite pour appliquer le fongicide systémique soigneusement, traitement suivi dans trois jours par l'huile horticole pour tuer les larves, suivi d'une autre application de fongicide. J'espère que ça fera, je n'ai pas beaucoup de patience et de discipline en la matière!

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