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Depuis hier, je suis allée trois fois chez mon père, le trouvant reposé, moins fiévreux et paisible. Hier soir, il a mangé un peu. Enfin «manger» pour ainsi dire, puisque ce n'est que de ce produit protéiné appelé Ensure. À peine une demie tasse. Et une cuillerée à soupe d'un jus épaissi pour qu'il ne s'étouffe pas.
Visiter mon père puis faire un compte-rendu par texto à mes frères et soeurs. Subir la circulation automobile sans récrimination, arriver à la résidence, signer mon nom, me désinfecter les mains, prendre l'ascenseur. Arriver à l'étage, marcher rapidement. À la vue de mon père paisible, il y a comme une tension qui se relâche. Décidément, malgré son état, je ne crois pas être prête de le voir partir.
C'est la vue de ce jardin qui nous avait séduit il y a cinq ans. Le jardin semble immuable, pas mon père.
Cet après-midi, c'était le barbecue au parc pour les trente ans de mon plus jeune fils. Sa copine a fait le gâteau, la limonade et les salades. Ils ont fait des hamburgers. Nous avons apporté les sandwiches vietnamiens, la sangria et des oranges. Leurs copains ont amené de quoi grignoter, boire et manger. Les petites filles gambadent. Le soleil est au rendez-vous, malgré les nuages et les prévisions.
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