09 octobre 2016
Retrouvailles avec plus d'inconnus que de connus

Je commence en notant mon intention réelle de paraître à la première rencontre des anciens de mon lycée en robe légère sans manche d'un rose très pâle accompagnée de mon mari affable et souriant. Image d'insouciance que je ne regrette pas sur les photos que les uns et les autres bombardent dès notre arrivée. Il est vrai que nous venons de loin pour ces californiens d'adoption, certains plus réussis que d'autres mais les différences s'effacent sur ces photos de groupe en noir et blanc de notre enfance. Des retrouvailles qui friment par l'apparence de gaieté mais des retrouvailles quand même par la rencontre improbable de nos parcours.

Le lendemain à midi, dans un autre restaurant vietnamien, une autre vingtaine d'anciens de lycée, certains déjà vus la veille, d'autres pas. Je ne vais pas revoir certaines femmes que j'ai déjà revues il y a dix ans. Elles ne me manquent pas. Je devine une dissension dans leurs rangs sud-californiens, rangs improbables disais-je. Il y a près d'un demi-siècle que nous ne n'avançons plus en rang, deux par deux, vers les mêmes bancs d'école. Mais leur désaccord ne m'appartient pas. Je suis là pour retrouver certains, pas tous.

Le soir même, un autre bain: les anciens de mon université, toutes disciples confondues. Soirée musicale dans une vraie salle de concert, nous étions plus de cinq cents. De vrais chanteurs et chanteuses puisque l'Orange County est bien le berceau de la musique contemporaine de la diaspora vietnamienne. On y chante les amours perdus, les regrets, le pays lointain. les nouvelles chansons comme les mythiques. Les musiciens sont excellents, l'acoustique parfait. Si bien que nous avons resté près de quatre heures sans nous embêter.

Troisième jour de retrouvailles: matinée en visite dans un temple hindou en compagnie d'un couple d'amis avec lesquels nous avons passé la journée, faisant des emplettes avant de finir l'après-midi chez eux. Puis, nous nous sommes changés pour la soirée de gala. Tenue de soirée pour un souper de plus de six cents personnes. Et quelques pas de danse.

Une anecdote: pendant une danse, un américain replet et hilare au teint rougeaud Lui disait qu'il pensait être le seul dans la salle, le seul blanc dans la salle. Et Lui qui réplique: Non non, il y a un autre là-bas, en parlant du mari norvégien de ma copine d'Oslo.

Fin de la deuxième partie de ce voyage et il nous reste encore la moitié de notre temps.

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