06 août 2016
Au creux de l'été

Hier fils la relève est venue travailler tout l'après-midi, un de ses dossiers est devenu plus compliqué. Un autre s'est réalisé, un autre encore se présente à l'horizon. Il est content d'être occupé, en pleine période de vacances des autres. C'est rassurant de le voir avancer avec aplomb et sérieux.

Échange de courriels avec celle chez qui je vais à Rougemont pour des pratiques de bonsaïs. J'ai peut-être trop dit, en réponse à ses courriels larmoyants. La vérité n'est toujours pas bonne à dire. Je n'ai pas encore la preuve que cela n'affecte pas nos relations. J'ai voulu amener nos relations à un niveau plus personnel au lieu de rester simplement courtois mais j'ai probablement tort. En relation, ça clique ou pas. On ne peut pas améliorer une sauce qui ne lève pas, voilà tout.

Hier soir, nous voilà écrasés devant la télévision pour les ouvertures des Jeux de Rio. Attention distraite. Sur l'autre poste, un film sur Blanche Neige, version améliorée avec avalanche de pauses publicitaires. Soirée médiocre. Je compte sur une petite pluie annoncée à météomédia pour ne pas monter arroser les arbres. La chaleur humide est toujours intense mais elle devrait cassée au cours de la nuit.

Aujourd'hui, mon père a 90 ans mais il ne le sait pas. Nous le fêterons demain, à une salle déjà réservée à la résidence. Nous serons peut-être trop nombreux pour la petite salle ou pas. J'ai la tâche d'aller chercher deux vieilles dames, dont ma tante, soeur de mon père, et d'acheter le gâteau. L'évènement en soi ne pèse pas, quelques heures c'est vite passé, mais les échanges courriels multiples pèsent. J'apprécie de plus en plus d'être seule dans mon coin. Le fait d'aller et revenir entre les deux chez-moi nous donne de l'espace à tous les deux, Lui et moi.

Je suis à la campagne en ce moment. Les arbres sont arrosés. Le bricoleur fait ses travaux de plâtre. J'ai mangé ma soupe avant d'aller faire un tour au marché aux puces de la Légion à Morin-Heights. Tout est pareil au même. J'ai acheté deux moules pour faire des quiches sans trop négocier. Lui est resté en ville après avoir dit qu'il veut venir avec moi, puis il a changé d'avis. Plus que moi, il est au désarroi du creux de l'été, s'efforçant d'avoir des choses à faire, sans en avoir vraiment envie. Partirons-nous sur la route pour calmer notre mental?

Je suis revenue en ville, ramenant les salades et le saumon sorti du congélateur de là-bas. Au rythme de mes va-et-vient, même la cuisine, le congélo, le frigo sont les prolongements les uns des autres. Un retour fluide sur la route. Je suis même passée avant l'heure de la fermeture de la librairie pour prendre «Humiliés et offensés» de Dostoïevski, commandé depuis six mois, pour compléter mon tout Dostoïevski. Rien lu encore, malgré la résolution d'en faire une année consacrée à cet auteur. Justement, je suis tombée sur cette lettre d'opinion. Ce ne sera de tout repos, ma prétention de lecture. Je n'en sortirai pas indemne!

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