03 juin 2016
La vie douce

Journée de douceur hier. Rien en particulier. Seulement un diapason entre Lui et moi. Je l'accompagnait en voiture. Chemin faisant, nous avons pu parler. C'était plutôt moi qui parlait racontant mes lectures, les différents détails anodins glanés sur le net. Mais aussi nous faisons une certaine mise au point sur notre vie. Le travail qu'il fait le tient occupé, tout comme son implication dans la gestion de notre édifice de condominiums. Pendant ce temps-là, je suis vouée à mes dadas.

Alors que Lui revenait pour la troisième fois hier sur la perspective de vendre notre appartement à un candidat sérieux, j'ai répondu par la négative puisque nous n'avons pas d'autre alternative en vue. Maintenant que j'ai apprivoisé le soleil sur le toit, en sachant que je ne m'occupe des arbres que pendant la moitié de l'année, pas la peine de courir. Sauf si je trouve un terrain pour construire la maisonnette que j'ai toujours voulue, ou bien si j'ai la conviction que le quartier où nous sommes sera ghettorisé dans dix ans d'ici.

Des nouvelles de la cousine qui va de mal en pire. Elle finira par partir d'une pneumonie, disait sa fille. Par ailleurs, une copine de mon âge est allée visiter une résidence pour ainés pour quelqu'un d'autre. Il se trouve qu'elle aime beaucoup l'endroit, assez pour s'y voir. J'ai passé la journée à penser à ma grande amie de Québec qui devait voir son oncologue hier midi. Voilà bien des faits qui me rappellent au temps qui passe. La jouissance de ma réalité n'est que plus appréciable.

Dans cet esprit de légèreté et d'insouciance, je suis passée à la librairie acheter enfin deux livres de Denis Thériault, ainsi que le guide Voir sur le Japon. Ces temps-ci, je dépense plus en bonsaïs et outils que livres et romans.

Hier, pluie et ciel couvert, je n'ai pas eu à arroser. Aujourd'hui, de nouveau un temps magnifique. Nous refaisons la grosse soupe aux légumes alors que depuis trois jours nous avons très peu perdu de poids. Au quatrième jour, nous avons eu droit à des bananes et lait écrémé. En plus de la soupe. Je viens de dire à Lui que si demain matin ça ne bronche pas sur le pèse-personne, j'arrête tout. En me nourrissant avec moins, beaucoup moins quand même.

Réflexion faite quand même sur l'enflure que notre civilisation a tolérée sur la surabondance alimentaire d'une part, sur la déification de l'art culinaire d'autre part. Sans parler encore de l'industrie des aliments transformés et conditionnés. Pourtant l'homme peut se nourrir de si peu. Au moins la moitié de l'humanité se nourrit avec presque rien.

J'ai défolié le petit orme pendant de longues heures. Mes yeux commencent à bien moins voir et la bonne lumière me manque. Aussi, je rêve d'une table tournant qui me permettra de travailler à ma hauteur. Sinon, je suis trop petite assise mais trop grande debout. Une vrai table pour bonsaïs coûte très chère.

Ce soir, Lui a sorti sa voiture de sport et nous sommes partis vers Outremont à destination d'un magasin de grand renom qui va fermer boutique. Embouteillage dans les rues à cause du Tour de l'île la nuit. Le magasin a même fermé avant l'heure. Tant pis, nous avons trouvé à garer la voiture et à continuer à pied sur l'avenue du Parc. Nous voilà assis sur un banc publique non loin du point de départ des participants. La petite brise d'été, l'énergie des cyclistes de tout âges, les marcheurs déambulent, des copines bavardent sans se préoccuper du reste. La vie douce pour tous.

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