01 juin 2016
Un mois tout neuf

Même titre qu'au 2 mai que je viens de relire. Mais ce mois-ci s'annonce moins effervescent et plus stable. Entrain renouvelé pour Lui et moi qui expérimente le régime de la soupe aux légumes. Ce qui prime c'est un cheminement commun qui emballe même. Hier, au premier jour de la soupe, j'étais un peu chancelante, n'osant pas trop m'éloigner de la maison seule. Alors Lui m'accompagnait à la fruiterie et à la pépinière.

J'ai téléphoné à ma grande amie de Québec qui est en attente de verdict. Est-ce que cela a servi à quelque chose, ces deux traitements de chimiothérapie invasive? Faut-il continuer ou se soumettre? Hier soir, elle parlait bien, continuait son quotidien comme se peut. Mais le spectre est là. Je lui ai promis un autre souper harmonieux comme à la dernière fois, avec Lui. Pourra-t-elle venir à Montréal? Sinon, nous irons à Québec encore.

Les arbres semblent heureux sur le toit, au soleil et au grand vent. Je suis moins stressée maintenant pour y aller, mais toujours aussi discrètement. Arroser deux fois par jour, avec huit litres d'eau chaque fois. Je commence à me demander si c'est assez imbibé avec cette quantité d'eau. Peut-être pourrai-je trouver le moyen de transporter deux litres de plus.

À la poursuite d'un dossier à distance, Lui reste concentré. Mais il court moins que durant les deux derniers mois quand il surveillait les travaux d'un autre. Avec le beau temps, des instantanés de vacances s'installent. Je m'attarde à mettre de l'ordre dans les photos. Celles du Art Institute of Chicago et du Metropolitan Museum de New-York me submergent de beauté. Il me vient le goût de me précipiter au Musée des Beaux-Arts de Montréal là tout de suite.

Trop absorbée par cette diète et mes lectures sur le bonsaï, j'ai complètement oublié la pièce de théâtre de ce soir au Rideau Vert. À la place, nous sommes partis vers l'est de la ville visiter la cousine à Lui qui n'a plus retourné ses appels depuis quelques mois sans que nous ne soyons inquiétés, ses enfants nous auraient averti s'il y a quelque chose d'important. Mais voilà, elle n'y est plus dans cette résidence. Au téléphone, ses enfants ne sont pas atteignables non plus. Je commence à douter. Peut-être ne pourrons-nous pas nous attendre à ce que ses enfants nous tiennent au courant de sa santé.

L'est de la ville n'est plus du tout dans nos horizons. J'y étais comme en pays étranger. Un décor irréel, des vendeurs de voitures usagées, des raffineries, des bars affichant la présence de serveuses en tenue sexy. Du vrai Far East!

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