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Il a plu toute la journée hier. J'étais longuement sortie avec une amie pour un semblant de magasinage. En fait c'était pour passer le temps, tout en se dérouillant les jambes. À la fin du jour, je me suis décidée à téléphoner à mon amie de Québec, celle qui va me parler de l'avancée de ses cellules cancéreuses. Je ne sais toujours pas comment me tenir, même au téléphone. Il y a toujours un point d'équilibre à chercher, pas mélo ni illuminé, pas que son cancer ni que mes affaires somme toute futile en comparaison.
Hier après-midi, en lisant et tâtonnant, j'ai travaillé sur un des genévriers. On dirait que je suis lasse d'attendre après l'avis des autres. En y consacrant quelques heures juste sur le sujet, on dirait que j'ai réussi à entrevoir son allure dans quelques années. Assez pour avoir envie d'en faire un croquis et prévoir le prochain rempotage sous un angle nouveau. Me faire confiance enfin, au lieu d'être toujours l'élève ou le novice.
Aujourd'hui, je me suis sentie mieux. L'après-midi fut passé à préparer le travail pour lundi prochain. Un coup de fil reçu ressuscite un dossier peu probable. Lui discute dans un dossier fragile alors que fils la relève démarre une toute nouvelle négociation prometteuse. Mais rien n'est certain, en ces temps de coups de revers.
Éclairci et faible soleil à la fin du jour. L'espoir renaît pour demain.
Je me sens en eau peu profonde. C'est le mot anglais «shallow» qui m'est venu en tête. Pas beaucoup de latitude ou de marge de manoeuvre. Comme limitée par l'âge, les conditions physiques, les moyens dictés par la raison. En fait des barrières artificielles. Tout cela à cause de cette idée de ne plus être volontariste comme avant et de «déposer mes armes» pour ainsi dire. L'effet pervers est là.
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