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D'escale en escale, de port en port, nous avons fait un plongeon dans les eaux bleues du Pacifique. À nos oreilles, la langue chantait les amourettes sirupeuses comme chez les vietnamiens. Les noms des rues sont riches en a et en h, me provoquant des ah!, si ce ne sont pas des o, et des oh! chez moi. Je suis revenue avec un petit livre sur la langue, j'ai failli même acheter un dictionnaire hawaïen-anglais.
Qu'est-ce que j'avais vu aux îles hawaïennes? Énumérons: des montagnes découpées aux cimes noyés dans les nuages, des eaux turquoises où baignent les tortues vertes, des bandes de dauphins, un volcan non pas rougeoyant mais fumant quand même, de la lave noire coupante, des chutes d'eau, des arc-en-ciel. Des surfeurs certes, des restaurants mobiles qui servent des crevettes à l'ail, les pires sont à Waikiki, les meilleurs sont au North Shore.
Un phoque est venu se prélasser au soleil sur la plage, juste devant notre «Coco bungalow». Le chauffeur-guide indigène qui parle un anglais de son accent trainant qui contraste avec son humour pince-sans-rire. Le ranger-guide, hawaïen d'adoption, qui nous mène sur la piste des rivages anciens et du «cloud forest» à Maui.
Comme dans tous les voyages, les couleurs, les impressions, les découvertes déboulent. En même temps, c'est l'Amérique voilà tout. Je repense à Ching store. Le lieu est un peu crade, de propreté douteuse, une partie des murs est placardée de vieilles photos agrandies de l'ancêtre Ching, le premier migrant à s'établir sur les lieux, et ses descendants. C'est un grand dépanneur indépendant où on y trouve de tout. Mais il a son site internet et ses fervents habitués! Couleur locale au possible, alors qu'à 90 minutes de route plus loin, à Waikiki, parade le «luxury row» des grandes marques, Cartier, Chanel et cie. Il ne manque plus que le nom de Disney pour clamer l'Amérique. Nous l'avons trouvé quand notre retour a été retardé de vingt-quatre heures, l'avion partant de Vancouver a frappé une mouette, ce qui a retroussé son nez. Sécurité oblige, il n'est pas reparti de Honolulu et la compagnie aérienne nous a logé dans un complexe hôtelier ... Disney d'un luxe discret. Ah, tout est bien qui finit bien!
Nous voilà revenus, valises défaites, lessive faite. Nous n'avons eu que de bons lits mais le nôtre est toujours le meilleur. Grisaille et morne saison. «Pas grave!» disait toujours ma petite-fille de trois ans.
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