27 février 2015
Pour en finir avec mon mois anniversaire

Dire que j'avais prévu réécrire ici le jour de mon anniversaire. Mais le temps glisse à une vitesse affolante. En même temps, les heures s'écoulent parfois rapidement, comme si on perd la conscience des minutes et des comptes.

Le jour de mon anniversaire, j'étais occupée à répondre aux voeux facilités par Facebook, en plus des courriels, du courrier et du téléphone. Je me suis sentie aimée, non pas intégralement mais sous condition. C'est pour dire qu'il n'y a pas de quoi péter de la broue.

Déjà, avant mon anniversaire, il y a de la confusion dans l'air, comme si notre attention lasse était trop sollicitée en même temps. Il y a aussi le nouvel an lunaire que l'on s'évertue à fixer dans le temps. C'était le 19 ou le 18 déjà? Et les prières à l'autel des ancêtres qui doivent être au seuil du nouvel an, donc, le 17 ou le 18, au fait? Et la porte arrière à ouvrir pour chasser le vieux, et la porte d'entrée à ouvrir pour recevoir le neuf, tout en assurant d'être soi-même à en franchir le seuil, avec les bonnes intentions, au lieu d'en laisser le soin au hasard. À force d'en discuter, Lui s'est couché avant minuit et moi après, sans rien faire de ces gestes superstitieux habituels. De la lassitude dis-je. Lassitude qui se traduit par ces mots que l'on laisse tomber comme une évidence: «On vieillit tous!»

Le 18 au soir donc, prières à l'autel des ancêtres et souper avec mes frères et soeurs. Les traditionalistes s'évertuent à préparer les petits plats traditionnels. Les autres pensent surtout à constituer le repas qui s'en suit. Ma lasagne sans pâte, de courge, d'aubergine et de tofu n'a rien de traditionnelle. L'autel, de prime abord, a la même allure qu'avant mais certains classiques manquent à l'appel. Comme la papaye pour que l'on ne manquera de rien. Comme le melon d'eau rouge pour exprimer la joie.

Le 19, fifille et moi sommes parties à Chicago, une première pour elle, la deuxième fois pour moi. Escapade trop courte mais satisfaisante. Trois nuits et quatre jours dont une passée à se rendre et d'en revenir ... directement au souper familial du Têt officiel. Enveloppes rouges et voeux donc. Sur fond de lassitude toujours, je trouve, malgré le brouhaha ambiant.

Cette semaine, les ratés sont là. Des clients à Lui qui se sont désistés, fausse joie et déception. Le tout premier pain que j'ai fait avec la plus grosse machine que j'ai achetée il y a quelques semaines n'a pas levé du tout.

Climat d'attente pour que les meilleurs jours arrivent: que l'hiver se passe, que le printemps arrive, que les dossiers se bouclent, que le prochain beau voyage s'enclenche, que les rencontres souhaitées avec clients et amis se passent. Entretemps, je ne suis pas efficace, comme figée dans un toboggan qui déboule, sans conduite ni direction.

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