27 juin 2014
Entre deux eaux

Je ne suis pas nerveuse mais énervée. Je ne suis pas vaporeuse mais tranchante. Deux grands jours en «tenue de combat», arme et bagage, la Relève dans les sillages, à travailler sur les dossiers. L'un avance doucement, l'autre un peu plus vite. Je ne chôme pas. Je retrouve les enjeux d'un temps plus crucial, sans la même disposition à jouer le grand jeu. Mais le jeu est fait. Jouons!

Hier, j'ai eu le temps de régler plusieurs affaires administratives en attente, avant de prêter ma voiture au plus jeune qui s'en va faire un tour en Abitibi avec sa copine. Avant que le presque-rhume que je combattais depuis deux semaines à coups d'échinacée ne gagne le combat en m'envahissant de frissons. Mais est-ce bien ce rhume ou sa cousine plus méchante la grippe, celle qui a mis tout l'étage de mon père en quarantaine. Ou est-ce simplement l'effet pervers de l'air climatisé?

Ce matin, je vais mieux. Rhume et énervement calmés. Je jongle toujours sur la couleur de l'été qui sera laborieuse. Ce qui est très bien ... si je serai toujours dans l'esprit fourmilier. Mais je tend à me libérer et l'esprit et le temps, ce qui est à contrario. Voilà la raison des impatiences, je crois. En même temps, la désinvolture des uns et des autres m'épuise.

Ce matin, en allant à la fruiterie, j'ai failli acheter du pastèque. En souvenir des repas en Chine où l'on nous a servi du pastèque en dessert invariablement. Pastèque, un mot que je n'utilise pas pour dire melon d'eau. Il faut dire que nos guides apprennent leur vocabulaire des groupes de français ou belges, rarement québécois.

J'ai acheté des nèfles, fruits que je ne connais pas. En Chine, elles sont dans de grands arbres. Tout comme les fleurs de magnolias. C'est déconcertant de voir un étal de fruits tout à fait inconnus. Sauf pour le litchi frais que Lui a eu le front d'aller acheter sans connaître un traitre mot de chinois. C'est que là-bas, tout commerçant est armé d'une calculatrice sur laquelle les uns pitonnent son prix, les autres marchandent en pitonnant le leur. L'acquiescement ou le refus s'opère par mouvement de la tête ou du non verbal. C'était à Beijing, je mangeais mes litchis dans le train de nuit vers Xi'an. Une autre fois, dans quelle ville je ne sais plus, en sortant d'un restaurant, les effluves d'un durian mûr envahissent mes sens mais je n'ai pas osé transporter l'odeur avec moi, une odeur que je sais à l'avance qu'au moins la moitié de mes compagnes et compagnons de voyage ne supportera pas.

Après-midi d'attente, un dossier s'est arrêté net. L'autre passe à une étape supérieure probablement mais en début de semaine prochaine. La fin de semaine sera donc libre. Nous irons à la campagne avec la petite famille. Il fait vraiment chaud et ensoleillé. Je ferai aérer les couettes des lits je crois et profiterai des grands bras pour faire faire un peu de ménage.

Ce soir, j'ai dit non au festival de jazz pour me reposer de ce rhume. Allez, je vais me coucher, dehors, c'est encore entre chien et loup.

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