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Je n'ai pas beaucoup aimé «Les Aiguilles et l'Opium» de Robert Lepage. Peut-être n'étais-je pas assez disponible mentalement mais quand même, je n'ai pas eu l'enchantement de «La Face cachée de la Lune» ou l'attendrissement du «Dragon bleu» ou même le plaisir du «Moulin à images». Peut-être quelque satisfaction d'avoir appris l'histoire amoureuse de Miles Davis et de Juliette Greco, ou de connaître l'existence des «Lettres aux Américains» de Jean Cocteau.
Il y a deux jours, commençait la Vague. En avant-première, il y eut trente personnes à un restaurant. J'avais navigué à l'instinct, en fin de compte, les indigènes ont payé le gueuleton aux visiteurs d'ailleurs, j'avais payé ma part à peine plus lourde que les autres, voilà tout.
Le lendemain matin, très tôt, tour de ville montréalais en six autobus, j'étais guide improvisé. Temps gris, pluvieux et venteux en matinée. La Vague s'est manifestée en un déferlement de trois cent personnes à la recherche de leur «badge» seul élément de contrôle possible. Tel qu'annoncé par la théorie du chaos, dans le désordre l'ordre s'est installé. Comme par magie, le soleil est revenu aussi. Est-ce pour faire taire toute critique ou mauvaise langue, les organisateurs ont nourri copieusement les participants toute la journée, depuis les cars, jusqu'à l'arrêt au buffet chinois et le souper élégant avant la soirée de «musique de chambre», un terme galvaudé dans ce cas-ci, puisque c'est beaucoup de chants, amateurs surtout, accompagnés par une guitare et un clavier électronique.
Aujourd'hui, relâche officielle en matinée. Quand même, «dim sum» avec des amis.
Alors que je ballotte au gré de la vague, Lui n'est pas de reste, les dossiers poussant. Alors il travaille le jour avant de se changer pour m'accompagner le soir, bien charmant avec toutes mes copines, joignant le groupe des «beaux-frères», ainsi nommés ceux qui ont marié ces copines depuis l'enfance.
Ce soir, soir de gala. Je porterai pour la première fois depuis trente-cinq ans une tunique vietnamienne cousue selon mes mensurations. Je ne serai pas la plus belle, certes, mais c'est l'uniforme du comité organisateur. Mais j'aurai une robe pour me changer dès que les photos officielles seront prises.
J'allais oublier: aujourd'hui, ma famille est arrivée au pays depuis trente-neuf ans et ce journal en ligne est ouvert depuis quinze ans. À méditer à méditer!
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