14 Mai 2014
Du temps pour moi

Voilà cinq jours que j'ai des copines à demeure, donc à petit-déjeuner, à déjeuner et à souper. Elles étaient deux, puis quatre depuis deux jours. Des femmes agréables. Nous avons cédé la grande chambre sans problème. Dans le lit mural ouvert au bureau à Lui, nous dormons très bien. Nos trousses de toilette déménagées dans la deuxième salle de bain, nos vêtements dans mon bureau, tout va bien.

Hier, j'ai conduit pour les amener au Mont-Tremblant puis revenir magasiner à Saint-Sauveur avant d'aller passer le reste de l'après-midi et la soirée à la maison du nord. Retour en soirée puisqu'elles ont pris rendez-vous avec d'autres copines aujourd'hui. Lui et la Relève sont partis à une conférence, j'ai eu la matinée et la maison à moi toute seule. Silence totale que j'apprécie. Ces derniers jours, j'ai trop parlé, trop raconté. Un vrai livre ouvert, surtout qu'à la maison du nord, elles ont passé au travers de tous les albums de photos de famille. Des albums que je n'ai pas ouverts depuis longtemps.

J'ai rempoté l'érable de Namur. Joliment mais maladroitement. J'ai cassé la seule nouvelle tige qui a poussé rapidement depuis quelques jours. Je n'aurais peut-être pas dû rempoter, si j'avais pu sortir l'arbre dehors. Mais à l'intérieur, la tige est devenu trop haute, touchant au néon.

Ma petite collection de prétendus bonsaïs est rendue bien maigre. Le Grewia est nu, le bougainvillié et les deux érables aussi. Le Juniperus n'a pas progressé, le buis non plus. Le Brazilian Rain tree ne sera jamais un bonsaï je le crains. J'avais décidé il y a quelques semaines de jeter un genévrier et l'autre, le sans nom pendant un temps. Seul le ficus est très beau et je scrute ses feuilles à la recherche de taches suspectes tous les jours.

En vérité, je n'ai encore pris une direction avec l'occupation des bonsaïs, me trouvant pas encore à la hauteur ni de la compétence, ni de la passion. Encore moins de l'art. À voir un vrai bonsaïste esquisser en quelques traits l'allure à donner à un arbre qu'il est entrain de commenter, je suis fascinée par le dessin à l'encre de Chine.

En ce moment, je repousse tout au retour de Chine: dossiers, plans d'action, projets et résolutions. Encore sept jours et mes fonctions aux retrouvailles seront passés. Je croise les doigts pour que tout se passe bien, malgré les personnalités qui s'échauffent. Dans une quinzaine, je serai loin, dans l'épicentre de l'Empire du Milieu. La Relève prendra toute la place nécessaire, pour les plantes, comme pour les dossiers.

Ce soir, je ne sais pas encore si je vais rejoindre d'autres amies, d'ici celles-là, le temps d'un souper. Je passerai les saluer seulement peut-être. Ou pas. Je met en pratique cette idée de renoncer aux «mondanités» pour me faire du temps à moi. Pas de vraie mondanité mais quand même de petits bouts d'engagements sociaux que je me faisais un devoir d'honorer avant. Comme à la fête des mères dimanche dernier, les copines étaient parties avec une autre, Lui avait des clients, j'aurais pu prendre ma voiture pour aller dès le début de l'après-midi chez ma soeur qui a reçu tout le clan, laissant à Lui le soin de venir en fin d'après-midi avec les copines. J'ai plutôt passé quelques heures seule, faisant un deuxième panettone et farfouillant dans mes papiers. Nous sommes donc arrivés tard, je n'ai pas vu mon plus jeune fils qui est déjà reparti, mais je n'ai pas regretté.

Ainsi, je prendrai du recul sur d'anciennes habitudes, rognant sur les occupations à droite et à gauche, me redonnant du temps personnel. Reviendrai-je à l'encre de Chine et à la calligraphie, ainsi qu'à la lecture intensive? Je ne sais pas encore. Mais je reviendrai à moi-même du moins.

hier consulter les archives demain

retour à la page principale