16 avril 2014
Vie trépidante

La rencontre de groupe a rendu le voyage en Chine très réel. La demande de visa plus encore. On dirait que les ailes me poussent, des ailes vite limées avec la visite de ma soeur la swami. En vingt-quatre heures, elle a visité ma mère, logé pour une nuit chez ma mère, l'ancienne maison et non le nouvel appartement, et semé le doute de nouveau sur les meilleures conditions pour ma mère.

Elle est repartie maintenant, vers d'autres fonctions hautement prestigieuses. Je vais voir ma mère le lendemain, ce qui m'a rassuré. Ma mère démontre une belle quiétude, non pas résolument tournée vers bouddha et les prières comme pour préparer son heure et sa prochaine vie - c'est ce que la swami aurait souhaité - mais tournée vers le présent tel qu'il est, avec ses repas, ses rapports avec les autres, son environnement immédiat.

La Relève s'engage plus encore dans des actions concrètes de son métier. Je fais le guide tout en étant la mère. Avec Lui, je fais l'épouse, la partenaire de tous les instants. En pratique, je tire des plans, j'en discute et les pousse à l'action. L'instant d'après, je leur prépare un repas. Et à table, nous continuons à discuter. Très belle ambiance de travail. Simple et réconfortante.

Dans ce va-et-vient du bureau à la cuisine, je viens de louper mon premier pain, méprenant le sac de farine de blé entier pour la farine de maïs. J'avais de plus préparer une double recette puisque la farine de maïs ne lève pas beaucoup. Mais le pâton de blé entier et farine panifiable a tant levé qu'il déborde de partout. Quand même, très mangeable ce pain!

Je recommence à m'en faire pour mes responsabilités aux affaires associatives. Maintenant que je ne m'inquiète plus du sérieux du tour opérateur, je m'inquiète du nombre de participants qui continuent encore à s'inscrire et de la validité des chiffres. Vais-je me décider à un re-comptage moi-même? Tant pis, dans cinq semaines ce sera chose du passé.

La fin de semaine de Pâques s'annonce occupée, entre un souper ou un brunch avec mes enfants, une réunion des affaires associatives et une rencontre avec mes frères et soeurs pour faire le tour des questions concernant ma mère. D'ici là, trois sorties culturelles. Par ailleurs, nous étions au cinéma pour Le Grand Budapest Hotel. Un film pas comme ceux que nous voyons d'habitude, excentrique à souhait, mais j'ai bien aimé.

Ce soir, « Les liaisons dangereuses» chez Jean-Duceppe. Une grande surprise plus qu'agréable. Décor superbe, des robes à ravir, jeu solide des comédiens. Visuel explicite des jeux de l'amour dans la tradition des «liaisons» passées, tant cinématographique que théâtrale. Ce qui n'est pas dans le registre habituel de la maison Jean-Duceppe.

Avant de partir à ce rendez-vous d'affaires et poursuivre au théâtre, j'ai ravitaillé mon frigo. C'est-à-dire que j'ai de nouveau beaucoup à cuisiner dès que possible.

Au retour du théâtre, je fais des écorces d'oranges confites. Étrangement, je fais un parallèle entre mon cheminement en cuisine et mon cheminement professionnel. Voilà à peu près trente-cinq ans que je cuisine et que j'exerce ce métier. De part et d'autre, ce fut nourricier et occupationnel. Depuis peu, sur les deux plans, des perspectives qui me comblent de plus en plus. Un horizon tout à mon plaisir de défis et de découvertes. «Retraite» active, dîtes-vous?

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