10 mars 2014
Notes pour moi-même

Partager une crêpe et un dessert avec un neveu en tête-à-tête, sentiment du devoir accompli. Surtout, sentiment d'avoir trouvé le bon canal de communication et le bon climat.

Ramener de la maison du nord, les Essais de Montaigne, pour le gendre. Y lire quelques passages. Lire Emile Zola. Être renversée par cette plume si précise, si légère et lumineuse. Relire les pages descriptives si imagées.

Dormir beaucoup. Combattre ce rhume qui a pris possession de mes sinus.

Prendre mon jus-santé chaque matin: Une orange sanguine, du concombre anglais, et deux grosses carottes.

Trouver le même lave-vaisselle, en seconde main, qu'en ville pour la maison du nord: un Bosch ultra silencieux.

Souper dimanche soir avec la Relève, parfois à la maison, aujourd'hui au restaurant, notre réunion hebdomadaire informelle où la vie et ses aléas et le métier et ses demi-teintes se chevauchent. Lui a pris goût à ces soirées douces où la Relève représente la projection vers le futur mais nous lui servons aussi des bribes de notre vécu qui illustrent ce métier aux mille facettes. Moi leur muse, je leur arrive avec des idées originales, des projets audacieux, oh pas tant, que Lui oppose toujours de doutes systématiques. La Relève nous sert le jugement de Salomon tout en étant le disciple attentif.

Notre «grand âge» commence à paraître sur notre visage. À l'épicerie, l'on nous donne le rabais de 10% sans poser de question. Au magasin de produits naturels aussi. Quand même, nous aurions dû avoir ces rabais depuis deux ans. La caissière diplomate me disait que c'est parce que j'ai l'air plus jeune que mon âge! Est-ce que je préfère le 10% à l'illusion de ne pas avoir soixante ans encore?

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