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Le jour de la Saint-Valentin, j'ai surtout fait l'épicerie pour me préparer aux prochains jours. Lui ramasse au passage une douzaine de roses. La veille, le même bouquet aurait compté deux douzaines mais je n'ai pas voulu le prendre, réservant le geste à mon valentin depuis trente-sept ans. C'est ce que nous nous répétions tout au long de la journée: trente-sept ans! Pas de souper futile au restaurant, pas de mets exotique sur ma table non plus.
Hier, c'était la joie avec les petites qui sont venues passer la journée. La grande est resplendissante, la petite démontre son côté garçon manqué, malgré son sourire angélique. En un tour de passe passe, j'ai fait un phở pour le souper du soir. Quand la petite famille quittait, enfin je me rendais compte que j'ai trottiné toute la journée, en témoignent mes jambes. Quand même, le concert du soir fut intéressant, malgré la réputation de musique sombre de Mahler. Nous avons tous les deux apprécié la Septième Symphonie, sans entracte, à l'OSM sous la baguette de maestro Kent Nagano.
Aujourd'hui, dès le matin, j'ai encore fait un autre phở, deux fois plus gros que la veille. Et travaillé en après-midi. Temps froid et humide, je grelottais allègrement. Ce soir, réunion avec mes frères et soeurs. Où ira notre mère prochainement? Question sans réponse encore. Il y a des pistes à explorer évidemment. En même temps, l'heure est aux gens âgés qui tirent leur révérence, presque sans bruit. Près de nous, loin de nous.
Période étrange où chevauchent plaisirs simples et préoccupations complexes. Tiraillement aussi entre attente pour que la vie déroule son cours selon ses caprices et non-attente pour saisir la balle au bond ... quand la vie se passe justement, cahincaha ou en trombe. Et ce sur fond de marteau-piqueur des ouvriers au garage, bruit qui voyage par planchers de béton sur toutes les étages, mais surtout sous mes pieds au premier. Chaque jour, les hommes travaillent dès 7h du matin, une pause de quinze minutes à 9h, repos à midi et terminent à 15h. Il me semble que je pense moins bien depuis et que je parte d'ici dès que je peux.
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