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Retour en ville depuis hier. Fils premier est resté sur place, question de profiter d'un peu de solitude. Petite famille est rentrée elle aussi, question de retrouver sa routine. Au cours de la dernière nuit à la campagne, la petite est venue nous rejoindre dans nos quartiers, descendant elle-même un escalier, montant l'autre, sans chercher ses parents qui visionnaient un film dans la salle de télé. Elle a fini la nuit sur mon canapé, bien emmitouflée certes, mais je me suis levée une demie-douzaine de fois pour la recouvrir. Il fait bien - 34 degrés dehors!
Après cinq jours à la campagne, nous sommes revenus sans regret. Il me faut bien retrouver un peu de quiétude pour mieux commencer l'année. D'autant plus qu'il est grand temps que j'aille auprès de ma mère. Et puis j'avais invité des gens à savourer mon phở au poulet deux jours plus tard, c'est-à-dire demain. Comme au mois passé, ce sont des clients de longue date devenus amis. Entre les cafés pris en tête-à-tête avec l'amie du mois dernier, ou les soupers de temps à autre avec ce couple-ci, et le phở cuisiné par moi-même, pris chez moi, c'est une avancée dans nos relations. Ou est-ce un recul, par quelque effet pervers?Ouvrir mon intérieur à des amis qui furent avant tout clients, c'est un acte de foi même.
Aujourd'hui, mise à jour de ce journal, en commençant par les deux dernières entrées datées en 2013. Ce faisant, je songe sérieusement à quelque action pour fêter les quinze ans de ce journal en mai prochain. Peut-être prendrai-je contact avec les dinosaures de mon espèce.
Un petit tour chez le coiffeur, un autre au marché et me voilà prête à aller à la maison de convalescence. Conduire moi-même. Traverser le tunnel sous le fleuve pour le longer ensuite, par temps froid mais ensoleillé. Retrouver ma mère souriante. L'aider à prendre sa douche. Découvrir sa longue cicatrice suintante. Dénicher l'infirmière pour refaire son bandage. Manger avec elle. Lui lire deux pages de mon livre «Quatre générations sous un même toit». Me coucher avec elle, dans son lit, pour une demie-heure de conversation tranquille. La border au lit, après ses ablutions du soir. Rentrer chez moi avec l'intention d'y revenir demain pour mieux suivre l'évolution de sa plaie. Dire qu'elle ne voit son médecin que dans quatre jours.
Comme j'ai réussi à préserver mes jours à la campagne avec les petites, malgré les deux aller retour en ville, aujourd'hui apaisée, j'ai pu prendre soin de ma mère avec plaisir et non obligation. Demain, je vais lui amener de mon phở !
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