27 décembre 2013
De la piété et ses déclinaisons

L'après-Noël se traduit en piété selon ses déclinaisons. Je suis allée avec garçon tendre hier visiter mon père, son grand-père maternel donc. En voiture nous avons discuté de son attachement discutable à ses grands-parents. En fait, il cherche une justification aux gestes. C'est ainsi que nous sommes arrivés à discuter de piété filiale de notre part, mes frères, soeurs et moi. Déjà là c'est variable. Pour la jeune génération, la piété filiale que je qualifie de mélange de devoir, respect et amour, dépend des liens qui se sont développés entre les uns et les autres mais aussi des affinités. Nous avons conclu que les gestes de piété à lui face aux grands-parents sont des gestes en appui et soutien aux miens, sa mère. C'est ainsi la chaine des générations, indéniable, indiscutable.

Le Petit Robert qualifie la piété filiale en «affection, amour, culte». Rien de cela indique un quelconque devoir ou obligations. Mais «culte» qui renvoie à «adoration, admiration, attachement, dévouement, vénération».

Le même soir, je suis allée avec quatre de mes frères et soeurs, deux de mes beaux-frères, au festin de commémoration des cent jours du décès de l'oncle de mon père, organisé par sa veuve. L'oncle de mon père qui a son âge, sa veuve qui n'a que trois ans de plus que moi. Imaginez la filiation. Le défunt à qui je dois respect pour son rang mais pas de ce respect qui se mérite. Sa «jeune» veuve que je connais peu, élevée au rang de grande-tante, sans lien de sang. Non, je ne valide pas cette filiation à mes fils. Mais j'étais là, en soutien à mes soeurs et frères qui y croient plus fort que moi en cette piété-là.

Mais ce n'est pas tout, par la même occasion, la «grande-tante» nous a fait défiler devant l'autel des ancêtres tenu en son appartement pour un salut à mon arrière grand-père, l'ancêtre principal et indiscutable de tous. Voilà le culte des ancêtres que nous pratiquons sur quatre générations. Mon arrière grand-père, je l'ai vraiment connu dans mon enfance. Je me souviens des promenades que nous faisions avec lui, en après-midi. Je me souviens même du temps qu'il faisait.

J'ai trouvé intéressant, le lien entre les deux événements d'hier. Mais aussi cette justification de la culture ancestrale venue d'Asie en cette terre d'Amérique, représentée en occurrence par mon fils. Mais aussi par ce décor d'hiver d'hier, de l'après tempête et des rues enneigées. Ensemble mais si différentes.

Aujourd'hui, visite à ma mère en sa maison de convalescence. Sur place, nous avons retrouvé la nièce qui a passé la nuit avec sa grand-mère, je suis sûre, par attachement plus que par obligation. N'a-t-elle pas déjà habité chez ses grands-parents quelques années quand elle était enfant?

Quelques heures plus tard, nous sommes rentrés à la maison pour garder les petites, le temps que leurs parents s'échappent un peu de la routine.

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