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C'était hier le Noël du clan. Comment dire, malgré tout, nous sommes arrivés à Noël en même temps. La maison illuminée, l'énergie positive circule, deux robes rouges pour celles qui veulent plaire, des robes noires dramatiques, le fer à cheveux, le maquillage. Et mon frère installé avec un attirail de photographe professionnel. J'y suis avec deux tenues: le tailleur pour les photos publicitaires et un simple pantalon noir avec un haut pailleté.
Le buffet bien garni, ma mère qui préside, mon beau-frère l'hôte fait son discours. Tout est de bon ton et sobre. Les jeunes adultes sont bien présents et l'on sent bien la force vive de leur génération. Encore quelques adolescents bien solides et deux toutes petites filles, presque bébés encore.
J'avais déjà décidé que l'année 2013 est terminé depuis la veille. Sur mon bureau, l'agenda papier contient en peu de mots, les objectifs de l'an nouveau. Non ce ne sont pas des voeux pieux, au mieux des visée honnêtes, au pire, un sens de direction.
Les cadeaux sont nombreux, malgré le retrait de ma génération de l'échange de cadeaux traditionnel. Les jeunes adultes ont suppléé, les enfants ont reçu beaucoup. À la pause musicale, alors qu'il y a quelques années, il y a eu jusqu'à six jeunes musiciens démontrant leur savoir-faire, maintenant il n'y a qu'un seul jouant mollement un court morceau. Fifille s'est assise avec ses deux filles à ses côtés et la petite a chanté avec maman et l'auditoire une chanson de Noël en français, la petite mélodie vietnamienne et quelque chose en anglais appris à la garderie. C'était charmant.
Nous sommes repartis au milieu de la nuit. Au bercail, tout est tranquille, comme dans la rue. Je n'en reviens pas encore de la paix perçue dans le clan. Dire que nous avons été sauvés de deuil et de désarroi si la matriarche aurait choisi de renaître ailleurs.
Aujourd'hui, une journée chez moi. Manger une salade au poulet arrosée d'une cuillerée à thé chaque d'huile de carthame, d'huile de chanvre et d'huile d'olive. Balsamique aussi bien sûr. Le sentiment de recommencer à neuf m'habite toujours.
Le téléphone est muet pour une fois. Lui s'installe à la télé pour revoir un vieux film. Je m'installe devant le clavier. Comment faire place à d'autres activités? Là intervient la volonté. Hier matin, tout en vaquant à menus travaux, j'ai soigné mes presque bonsaïs, animée du désir de rejoindre les rangs disciplinés des bonsaïstes. Moi qui fait tout en dilettante: calligraphie, langue chinoise, qi cong, taï chi. Une fois pour toute il va falloir choisir d'exceller en quelque chose et non de toucher à tout. Sur ce, je n'ai pas encore décidé. Peut-être serai-je toujours l'éternelle généraliste?
Toute la journée et la soirée à aller et revenir entre la télé des films de tous genres et l'écran d'ordinateur. Retour vers quelques diaristes. Diaristes et non blogueurs, autrement dit des dinosaures. Comme moi. Dans cinq mois, j'aurais écrit ce journal en ligne depuis quinze ans. Ça se fête?
Ce soir, alors que je me couchais, un fils m'a téléphoné pour une nouvelle qui ne me concerne que de bien loin. N'empêche, son ton m'a pris de surprise. Sommeil envolé et grignotage! Mais voyons ...
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