13 décembre 2013
Compte à rebours

C'était hier la course. Non pas pour cause de rendez-vous trop serrés, mais pour la disparité dans les situations. Tôt le matin, à l'heure des travailleurs, je traversais la ville du nord au sud, passant le pont Jacques-Cartier, suivant la 132 longeant le fleuve Saint-Laurent côté sud, enfilant le sinueux boulevard Rolland-Therrien pour aboutir à l'hôpital, une heure et cinq minutes plus tard. Petite matinée de garde sans histoire. Au cafétéria, refuge des pas errants, je passais quelques coups de fil.

Retour à la maison par le même chemin inverse. Préparatifs pour aller à la rencontre d'une vieille dame référée par sa nièce. Une dame en marchette, un appartement enfumé, une belle-soeur en chien de garde. J'ai dû parler plus fort, plus explicite. Je me suis sentie comme un «performer», un artiste de cabaret, débitant son numéro. Ni la dame ni son appartement n'est sympathique, la belle-soeur peut-être. Comme l'artiste, j'ai fait ce que je suis là pour faire. Des clientes toutes les deux, on verra bien. Repartir dans le froid. Mon béret ne suffit plus, mes bottines non plus.

Au bureau, pour ne pas dire toujours à la maison, la Relève est venue. Toujours pour travailler la base de données et les étiquettes pour les cartes de voeux. Lui entretemps est parti à la maison du nord pour augmenter le chauffage dans la cave, à l'annonce du temps plus froid des prochains jours. Et arroser les érables, de son propre chef. Peut-être est-il encouragé par ce que j'ai rapporté, après avoir discuté avec un bonsaïste plus expérimenté, au souper de Noël: centrer mes activités de bonsaïste là-bas, avec des arbres semi-rustiques et indigènes, installés à l'extérieur. Un projet qui s'inscrit dans le temps, sans pression ni bousculade.

En ce moment, le Ficus se meurt. Il perd presque toutes ses feuilles. Et moi qui ne s'y attarde pas, esprit ailleurs. Outre les infestations, il y a le chauffage d'hiver et la sécheresse de l'air, un désert pour les plantes, plus encore pour les frêles bonsaïs.

Enfin aujourd'hui j'ai pu travailler tranquille. Adresser quarante cartes avec leur petit mot personnalisé. Les mettre à la poste. Faire le marché. Un bon plat de nouilles aux oeufs avec légumes sautés et xá xíu pour les trois fils. J'avais mis la nappe de Noël, ils ont eu leur cadeau à l'avance. Nous avons parlé de l'année 2014 qui sera l'an 1 de notre entreprise familiale, incidemment l'an 1 d'un nouveau cycle de sept ans. Pour nous individuellement comme pour eux.

Sortie exceptionnelle, moi seule et les fils. Nous sommes allés visiter ma mère, bà ngoại, grand-maman maternelle, pour eux. Puis prendre livraison des agrumes commandés à la nièce qui ramasse des fonds en vue d'un voyage au Pérou. Il fait un froid de canard. J'ai les pieds glacés. Mais le coeur chaud.

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