30 novembre 2013
Violette

Décidément, c'est la séquence des «premières fois» qui se poursuit. Aujourd'hui, j'avais voulu aller seule voir « Violette», profitant d'un après-midi que Lui passera en conciliabule avec ses collègues administrateurs. J'étais décidée, convaincu que ce n'est pas un film qu'il saura apprécié. Mais il insiste qu'il a entendu l'annonce et qu'il veut le voir. Un peu contrariée, j'ai bien voulu attendre jusqu'en soirée.

Nous sommes allés à l' Excentris pour la première fois. Bel édifice. Dès l'entrée, une autre atmosphère, plancher de marbre noir. Dans la salle sobre, tapis discret. Pas un bruit, pas d'annonces commerciales à tue-tête. Pas d'avant-goût tapageur des films à venir. La table est mise pour le film.

J'ai beaucoup aimé. Lui aussi. Je retrouve l'ambiance de l'époque, la Simone de Beauvoir de mes lectures. La Violette que je connais mieux mais pas comme «La femme laide», sous la plume de Simone. Sur mes rayons, «La bâtarde» de Violette Leduc que je n'ai pas relu depuis un quart de siècle. Sur l'écran, un Jean Genet qui a écrit «Le balcon», cette pièce cynique vue dernièrement. En décor, Camus, Sartre, Gallimard, Guérin. Et la NRF.

Je fais exprès de les citer tous ainsi, en rang serré, comme ce fut leur petit monde «connu, codifié, mythifié, immortalisé dans le bronze», je cite le critique du journal Le Devoir dans le numéro du jour.

Je vais me retenir de me jeter sur les correspondances et les écrits de plusieurs d'entre eux qui attendent leur tour sagement sur mes rayons. Et je songe à la suggestion de cette brillante étudiante française qui m'a proposé de classer mes livres par époque. C'est très tentant dans leur cas.

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