22 août 2013
Vacuité

Hier j'avais passé la journée en tête à tête avec l'amie de Californie. Nous sommes allées visiter un temple bouddhiste très loin dans les Laurentides. Je n'y suis allée qu'une fois en automne, il y a deux ans. Elle a essayé de s'y rendre deux fois déjà, sans succès. Mais cette fois-ci, c'est la bonne.

Temps magnifique. Échange intime et sérieux tout à la fois, tout le long du trajet à l'aller comme au retour. Nous y sommes rendues sans problème. Elle est plus croyante que moi mais nous nous sommes retrouvées dans nos valeurs profondes, comme mère et humaniste. Sur le territoire du temple, nous nous sommes promenées, visitant chaque statue, honorant chaque bouddha. J'ai grimpé un très long escalier pour me rendre à un lieu symbolique, en ménageant mon souffle. À l'ombre des arbres, les moustiques nous entourent, au soleil et sous le vent, nous en sommes libérées.

Il a fallu toute la journée aujourd'hui pour que je retrouve mon équilibre émotionnel et ma sérénité. Nos confidences, même sur un ton neutre de maintenant, ramènent sans aucun doute, les fantômes du passé. Les siens plus que les miens mais je suis empathique. Elle est repartie ce soir chez elle mais nous avons maintenant un lien plus fort entre nous.

Chez moi, un peu de désordre ordonné. Des papiers à recycler, des tiroirs à dégager pour ranger tous mes vêtements. Même exercice dans la cuisine. On dirait que les menus objets sont munis de capacité rampante pour sortir des armoires et tiroirs pour se mettre tous au garde-à-vous, prêts à servir, sur les comptoirs ou toute surface plane. J'imagine que c'est ainsi que toute habitation devient cocon et que l'on s'encombre parfois de pièces d'«anthologie» marqueuses de nos vies, plus souvent qu'autrement, parfaitement vaines. Vacuité, vacuité.

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