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La veille, la lecture d'un de mes livres m'a permis d'identifier le mal qui affecte le genévrier. Je vois bien que ses feuilles ont perdu de leur beau vert et présentent de petites toiles d'araignée tissées. Des tétranyques qu'ils s'appellent, ces acariens. J'avais hâte de le traiter le lendemain matin, à la première heure.
On voit bien le genévrier en arrière plan avec son feuillage terne. En avant plan, frère numéro 7, le bougainvillier.
Hier matin donc, avec la piqûre d'insecte sur le doigt bien infecté, j'avais appliqué l'insecticide sur le genévrier, le produit a même un peu coulé sur l'infection. Même si je n'ai pas eu de piqûre de maringouin depuis quelque temps, je suis quand même habituée à mes réactions cutanées souvent pénibles, alors je n'en faisais pas de cas. La petite famille est venue manger de mon phở. Les jeunes parents repartis faire des commissions, Lui parti voir un client, j'ai gardé les petites, le doigt et la main de plus en plus enflés, la blessure noire et suintante.
À son retour, Lui a eu peur, imaginant une bactérie mangeuse de chair ou quelque affliction de la sorte, remballant les petites en vitesse pour les ramener à leurs parents, me déposant à l'hôpital avant pour gagner du temps. Non, l'infirmière au triage n'a pas trouvé ridicule mon recours au service de l'urgence. J'ai reçu une dose d'antibiotique par intraveineuse et vu un médecin. J'en suis ressortie avec le cathéter en place, sur la main gauche, pour une autre dose le lendemain. Et toute la main droite bandée. Alors que j'étais au téléphone pour donner des nouvelles à fifille, j'entend en arrière-plan la bébé tomber du lit! Ah, que le mois nouveau se présente chaotique!
Aujourd'hui, après une bonne nuit tranquille, même si j'ai défait et refait le pansement trois fois, ça va mieux. En fin de compte, la bébé n'est pas tombée du lit, seulement à la renverse sur le lit. Fils benjamin est allé prêter main forte à sa soeur. Et moi, je ne suis pas allée souper hier avec ma mère comme prévu. Je ne suis pas allée à des prises de sang, tôt ce matin, pour l'endocrinologue non plus. Et mes clients du dossier en cours n'ont pas donné signe de vie.
Je ne réalise pas encore que nous sommes rendus au mois des vacances. Ma soeur, celle qui s'est occupée de toute l'organisation des vacances claniques, a lancé par courriel les dernières instructions. D'autre part, la cousine de l'ouest me demande si je veux toujours la croisière scandinave pour l'an prochain. Et moi je feuillète les Lettres de Marguerite Duras à ses amis. Valeur inestimable de la correspondance pour comprendre les personnes plus grandes que nature et leur propre personnage en leur milieu. Vais-je tenir une section distincte pour les Correspondances, comme celle des Biographies et des Mémoires. Ou bien les Mémoires avec les Journaux?
Retour à l'hôpital à la fin de la journée où nous avons passé deux fois plus de temps qu'hier. Deuxième dose d'antibiotique par intraveineuse. Cathéter et bandage enlevés. Ma main est toujours aussi enflée. J'aurai sept autres jours d'antibiotique à prendre et voilà tout. Mais la plaie prendra du temps à guérir, c'est prévu.
À l'hôpital, j'amène à lire mais ne lis jamais, trop occupée à observer le spectacle de la vie autour de moi. Ce n'est que là, devant la maladie comme devant la mort, que nous sommes tous égaux. Je sors de l'hôpital toujours reconnaissante de la vie, toujours soulagée et libre. L'espace de quelques heures, chaque geste devient une célébration. Ce soir, ce fut manger des sushis goûteux, suivi d'une crêpe au nutella et m'acheter des sandales Crocs à talons compensés.
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