27 Mai 2013
Corps étranger

Journée d'émotions. Ce matin, après la tournée d'arrosage des bonsaïs et des plantes d'intérieur, j'ai eu l'idée d'amener les bonsaïs avec moi, en voiture, pour leur balade et ma visite hebdomadaire à ma mère.

Quelque émotion pour commencer puisque ma mère est ni chez elle, ni dans son jardin. Après une tournée de ses lieux de fréquentation habituels, je l'ai retrouvée, un peu perdue un peu hagarde. Le mauvais temps des trois derniers jours a dû être dur pour son moral. J'aurai dû moi y penser avant. Après le repas, les emplettes et quelques divertissements, de retour à la maison, enfin, les bonsaïs prennent le frais et leur bain de soleil.

Trimballer les bonsaïs de l'appartement à ma voiture, en trois voyages, les exposer au soleil pas trop longtemps, les remballer jusque chez moi, les laisser dans la voiture en prenant soin de baisser un peu les vitres pour ne pas abuser de l'effet de serre. Les rentrer dans la maison quelques heures plus tard. Répéter l'exercice plusieurs fois par semaine pour le reste de l'été. Un peu moins à l'automne. En plus de fertiliser, tailler, ligaturer, rempoter, etc. Il faut vraiment le vouloir!

Cet après-midi, retour d'appel à mon intérêt sur cet étagère à bonsaïs, lumières intégrées, bacs de récupération d'eau d'arrosage, et tutti quanti. À prix très intéressant. Quelques heures plus tard, trainant la remorque, nous sommes allés chercher ce meuble en banlieue de Montréal. Nous connaissons ses dimensions impressionnantes, 7 pieds de long, un peu moins de haut, 1 pied et demi de large, mais il sera tellement pratique. J'ai même mesuré l'espace qu'il prendra dans mon bureau. Il faudrait seulement que je sorte la petite causeuse que j'aime tant.

Appel d'urgence aux fils qui sont venus transporter le meuble dans l'appartement par la grande porte puisqu'il ne passe pas dans l'ascenseur. Et nous réalisons tout d'un coup qu'il ne pourra pas non plus tourner les coins dans le couloir pour se rendre jusqu'à mon bureau. Mais j'avais déjà une petite idée sur son emplacement ... dans le salon. Sauf que je n'aurai pas pu séduire Lui à l'idée. Mais voilà, devant les faits, nous avons promptement déplacé le coin de jeux de la petite, défait la table ronde de travertin pour installer ce corps étranger en notre antre!

Photo prise par l'iphone pas très nette traduisant bien le désarroi ambiant ... Notez l'Acer palmatum en avant, trop grand pour rentrer dans les étagères. Situation à remédier!

L'expression «ce corps étranger» m'a habité toute la soirée. Lui en fut déstabilisé. Tant que mes caprices restent entre les murs de mon bureau ce sont mes affaires mais ce corps étranger est dans l'espace familial, présentant un aspect rustique et oriental, tranchant avec le décor contemporain et occidental. Il a fallu le reste de la soirée à tous les deux, Lui et moi, pour digérer le corps étranger, chacun à notre rythme. Mais déjà, alors que je n'en reviens pas encore que je n'aurais plus à promener mes bonsaïs, Lui pense à changer le décor!

L'ancienne propriétaire de l'étagère m'a donné en plus une vingtaine de pots à bonsaïs, plutôt petits, et deux «brazilian raintree», pas de nom français, Pithecellobium tortum. Décidément, le caprice d'hier est devenu en vingt-quatre heures, la passion de demain.

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