10 Mai 2013
Émotion et intuition

Hier matin, j'avais gardé la bébé. Mais avant, nous avions préparé la maison pour accueillir le couple d'amis parisiens. Changer les draps pour leur laisser notre chambre. Transférer le nécessaire de toilette et un peu de vêtements dans la deuxième salle de bain. Faire un petit saut à l'épicerie pour regarnir le frigo des essentiels: jus, lait, oeufs, pain, salade et ... fraises. Préparer les légumes pour le jus d'accueil mais aussi de quoi les nourrir. Surtout que je me prépare à les laisser rapidement seuls à la maison pour partir à notre dernière pièce au TNM de la saison, «Le chant de Sainte Carmen de la Main». Surtout, il ne faut pas que leur vol retarde. Sinon, ce sera une autre chevauchée ... ou des billets gaspillés puisque nous ne les aurions pas offert à d'autres.

Je jonglais sans cesse sur un accueil chaleureux, généreux et amical. Sans trop faire mais assez. C'est que Lui pense toujours faire des largesses, ce qui est généreux mais en même temps situe la relation sur le versant plus formel, plus cérémonial que cordial mais élégant.

Comme nous ne voulions pas les faire attendre en plus de mettre à profit toute possibilité qu'ils débarqueraint rapidement, nous étions allés tôt à l'aéroport. À commencer par le stationnement coûtant extrêmement cher, Lui est resté élégamment imperturbable et ce, tout au long des 48 heures où nous avons reçu nos amis.

Comme prévu, hier soir donc, les amis installés et nourris, nous étions au théâtre.

Aujourd'hui, je me suis même présentée au cours de baduanjin, cours qui n'a pas eu lieu. Tour de ville et sur le mât du stade olympique. Balade au Vieux-Port après un repas au restaurant vietnamien pour un «lẩu» aux fruits de mer et un plat de «heo quay». Et puis, ce soir, nous les avons laissés aller au concert de l'Orchestre métropolitain à notre place. Je suis sûre qu'ils ne s'attendent pas à être si bien reçus! Évidemment, j'ai résolu ainsi un autre conflit d'horaire: je suis allée à la conférence de bonsaï sur les bougainvilliers. Et, intuition aidant, j'ai acheté deux fois plus de billets de tirage que d'habitude, gagnant avec grand plaisir un superbe érable du Japon, Acer palmatum. Sans compter que ma visite à la pépinière de bonsaïs à Fort Myers m'a donné quelques galons aux yeux des plus habitués du «boys' club».

Ce soir encore, entendre parler des passionnés de bonsaïs relance plus encore mon goût pour cet art sur du matériel vivant. J'ai eu même une vision. Tout comme le pressentiment en achetant les billets que mon heure de gagner est arrivé.

De retour à la maison, nous avons soupé tardivement de bagels au saumon et fromage à la crème. Une nouveauté pour mes invités. Vin rosé et liqueur de fraises aidant, nous discutions avec entrain de bonsaïs, de botanique et de tout.

Il est 4 heures du matin. Les amis et Lui ronflent depuis 2 heures. Moi je dois décanter, écrire, laver la vaisselle, etc. Demain nous irons à notre maison du nord.

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