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Après le «rapport de gendarmerie», voici les impressions. La Floride que nous avions vu fut plaisant, prospère et paisible. De retour depuis deux jours, Lui se déclare toujours en vacances. Moi j'ai quelques difficultés à reprendre ma routine d'avant. Comme si ma routine de fourmi besogneuse a pris le bord, il ne me reste que le goût de bien vivre la vie comme elle vient. À preuve, je n'ai même pas chercher les fils au téléphone pour prendre de leurs nouvelles. Il faut dire qu'il fait si beau ici aussi.
Après le spectacle des dauphins qui batifolaient le long de la plage, les oiseaux qui plongeaient et ramenaient toujours un poisson scintillant et gigotant au bec. Après les pélicans et les hérons blancs. La tortue qui traversait tranquillement la route devant la maison de cousine. Le palmier royal, la verdure, la route lisse et fluide, les plans d'eau, ne parlons même pas de la mer, après tout cela, mon chez moi reste un havre de paix, mais trop brun, trop terne, trop d'ombre, trop encombré, pas assez de lumière.
Quand même, hier, nous avons été frugaux. Je ne me suis pas précipitée au marché. J'ai gardé la bébé pour que la petite puisse sortir avec ses parents, non sans avoir fait sa sieste sur mon canapé, selon un cérémonial propre à elle et moi.
Aujourd'hui, j'ai vu ma mère et mangé avec elle au marché Jean-Talon qui prend ses aises d'été, étals modifiés, etc. J'ai dû chercher un peu pour retrouver la trace du commerçant qui m'a vendu des poches de carottes de 25 livres pour 4 dollars. Trimballer ma nouvelle poche de carottes pour refaire une fourmi de moi.
Le reste de cette semaine me stresse. Conflit d'horaires grave. Sans parler du couple d'amis parisiens qui passera quarante-huit heures chez nous. En plus d'un rapport professionnel à produire illico presto, ce qui me force à me ressaisir vite.
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