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C'était hier, l'anniversaire-surprise à demi d'une de mes soeurs. Très réussi en fait, et coûteux pour son mari qui a offert la table à la quarantaine de personnes présentes. Les plus excitées furent les copines de ma soeur qui voient tous venir leur 50 ans cette année. On dirait que la fête d'hier fut le bouton d'allumage de leur désir manifeste de marquer elles aussi leur demi-siècle bien consommé.
Je n'ai rien trouvé de mieux que de lui offrir des billets d'opéra à Vienne comme ils y seront dans trois semaines.
Aujourd'hui, je suis allée manger avec ma mère chez elle. Par temps froid comme en ce moment, nous ne sortons pas. Ça tombe bien, son frigo déborde de petits plats, à finir ou à jeter. Sans la consulter, j'ai mis à la récupération des pots et des plats vides, prenant soin de les cacher sous un vieux journal, de crainte qu'elle les reprenne par la suite.
Ce soir, «Les Misérables» au cinéma. J'ai retrouvé tous mes repères et affectionné les acteurs. Quoique, en anglais, je n'ai pas tout compris de leurs mots chantés. Lui dit préféré l'ancienne version. Mais plus encore, quelque chose dans le film Lui a déclenché une tristesse qu'il n'explique pas vraiment. Est-ce le fil de la vie qu'il cherche chez ses fils, ou questionne chez ses petits-enfants. Incidemment, aujourd'hui, coup de fil du bureau du médecin qui veut le voir, suite au test sanguin. Il y a probablement corrélation.
À pareille date, le mois dernier, nous quittions le Viêt-Nam, après la ronde des pourboires aux portiers à l'hôtel, nous avions pris un taxi. C'était futile pour la cousine ou la copine de nous «conduire» à l'aéroport comme nous aurions fait ici pour la simple raison qu'elles sont toutes deux en scooter, casquées, masquées et gantées. Il aurait fallu que l'une ou l'autre, ou les deux, suive le taxi avec le scooter, ou bien laisse le scooter en garde à l'hôtel, nous accompagne en taxi, puis revienne à l'hôtel en taxi ou en affrétant un autre scooter, transport populaire moins onéreux, pour reprendre leur monture.
Cette explication n'est que pour ouvrir une toute petite fenêtre sur la vie de là-bas. Pour aussi dire que tout est sujet à gagner des sous, en mille et un services ramifiés. En détails par exemple, il y a ces petits hommes que l'on croit désoeuvrés, passant leur journée assis sur un petit tabouret sur le trottoir. En fait, ils sont «propriétaires» de cette section de trottoir où tout le monde passe mais dès qu'un taxi s'y arrête, il y a une redevance, tout comme pour l'autre jeune homme qui y garde les scooters. J'imagine que les sections de trottoirs devant les hôtels valent plus chères que d'autres, etc.
Ou encore ma copine qui s'est arrêtée à un présentoir d'une marque nipponne d'autocuiseurs de riz. Dans leur modus operandi, ni le vendeur ni l'acheteuse ne s'attendent à ce que la transaction ne se fasse sur place. La copine a pris note du modèle qui l'intéresse, elle va téléphoner au marchand qui viendra livrer chez elle un petit appareil que moi, ici, j'aurai emporté sans façon dans ma voiture. Notez que le vendeur n'a pas eu à tenir inventaire dans ce centre commercial aux espaces coûteux et l'acheteuse n'aura pas à trimballer son acquisition en scooter. Et le livreur va gagner quelques sous qu'il aurait mérité, vu la complexité des adresses dans cette toile étendue et ramifiée de ruelles parfois si étroites que ne passe pas qui veut. Des ruelles qui ne débouchent pas souvent.
Maintes fois, il a fallu que nous donnions notre téléphone portable au chauffeur de taxi pour qu'il se fasse expliquer le chemin pour se rendre à une quelconque adresse. Mais aussi, devant la dernière ruelle qu'il refusait de s'y engager, devoir lui assurer qu'à destination il y aura un portail assez large qui sera ouvert pour qu'il puisse faire demi-tour. C'est que, s'il nous aurait déposé là où il était rendu, nous ne sommes pas sûrs de trouver notre chemin jusqu'à destination finale. Fin de parenthèse.
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