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Je ne sais pas si c'est parce que j'irai au Viêt-Nam bientôt que je me prépare comme pour un très long voyage. Non pas en temps puisque ce n'est que pour quelques petites semaines. Ou bien si, pour un vrai long voyage dans le temps, vers l'enfance. En témoignent ces quelques amies qui sont restées sur place, grandies, vieillies, évoluées sur place. Moi et mes bottes de sept lieues, grandie, vieillie, évoluant ailleurs.
Une de ces amies m'a écrit que c'est en décembre que notre ville est restée le plus semblable qu'avant. J'y serai donc en décembre, avec mon manteau de l'hiver canadien contre la froidure relative d'une ville d'altitude.
Nous irons à la mer quelques jours. Répit pour Lui qui devra endurer la chaleur étouffante de Saigon comme une fatalité. J'y ai réservé des chambres d'hôtel en ligne, comme partout ailleurs, en français, anglais, espagnol ou italien. Allemand, russe, polonais même. Mais sur l'écran, tous ces formulaires en vietnamien me semblent étrangement bizarres. Irréels, usurpés, factices.
Depuis hier, je ratisse mes tiroirs et armoires, traquant tout ce que j'ai de précieux, authentique et valable, mais quand même neuf, compacte, facile à emporter, pour les offrir là-bas, à qui mieux mieux. En même temps, je me répète qu'il paraît que le niveau de vie est plus élevé là-bas et qu'on y trouve de tout. Il suffit de pouvoir payer. C'est là que le bât blesse.
Hier soir, au TNM, «Christine, la reine-garçon», une pièce lumineuse. Décor, costumes, comédiens, tous magnifiques. Malgré un arrêt forcé pour cause de malaise cardiaque d'un homme dans la salle.
Aujourd'hui, je continue d'écumer mes tiroirs et penderies. Voilà des vêtements que je ne veux plus revoir, des souliers que je ne veux plus porter. À donner, à donner ici. Ménage de saison, de fin d'année, vide-poche, vide-mémoire. Pour toutes sortes de raisons. Vaste démarche alors que je ne fais que faire ma valise pour quelques semaines. Une opération qui se poursuivra à mon retour, c'est clair.
Tout faire. Sauf préparer ma centaine de cartes de voeux de fin d'année pour lesquelles je me dis que j'ai tout mon temps! Quelques veillées tardives suffiront, j'imagine! Je suis convaincue que le ménage mental que je suis entrain d'entreprendre m'inspirera pour écrire des voeux plus chaleureux et vrais que si je les avais écrits la semaine dernière, comme pour en finir avec une obligation!
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