21 novembre 2012
Petit coeur barbouillé

Lui aussi me dit qu'il se sent prêt pour les vacances. Nous discutions de vêtements, de bagage et du programme des jours à Paris et au Viêt-Nam. Passant d'un hiver, même parisien donc pas trop mal, à la chaleur tropicale de Saïgon, il faut de tout pour ne pas geler comme je l'ai été en novembre 2007, à Paris et à Mulhouse. Ou devoir acheter du lainage comme nous avons dû faire à Dalat en juin 2002. Mis à part ces contraintes, nous comptons partir léger et modestement vêtus. Pratiquement pas de cadeaux achetés, je me suis convaincue de donner de l'argent aux indigents au Viêt-Nam à la place. Les amis seront avertis de cette intention.

Hier soir, je me suis vraiment attaquée au frigo. J'ai sorti tous les légumes du frigo sur le comptoir, râpé le chou rouge, mis à congelé les fleurs d'ail, tout comme l'anis et un sac de chou râpé. On verra si ça se fait bien. La soupe aux poireaux, carottes, choux de Bruxelles et chou-raves se présente bien.

Aujourd'hui, enfin, je me suis attaquée aux deux citrouilles pour en faire de la purée à congeler en petites portions. Une autre soupe au courge et citrouille à faire. Les fermes Lufa sont averties, je ne reprendrai un panier qu'à la deuxième semaine de janvier.

Prise de sang et examen des yeux. En sortant je disais à Lui qu'on devrait envoyer les arrogants, nez-en-l'air ou inconscients à faire trois quarts d'heure d'attente dans un grand hôpital. Devant le spectacle, des petits et grands, vieux et jeunes, gros et minces, éclopés ou cloués sur une chaise roulante, ils réaliseront leur condition humaine à eux aussi. Devant la maladie et la vieillesse, tous les hommes sont égaux, qu'ils parlent tamoul, yiddish ou grec.

Ce soir, nous gardons les deux bébés pour que leurs parents sortent en tête-à-tête. Hier, j'avais pris la petite à sa «petite école». Ça me peine de voir ce petit bout de femme persister dans sa résistance à l'intégration en pleurant, sans manger, sans sieste. Hier, sans boire même. Ce soir aussi, elle a mangé très peu et n'agit pas comme d'habitude.

Prise par la planète bébés, évidemment, les citrouilles à moitié cuites trainent sur le comptoir. Et moi tout à fait désarçonnée par le comportement de la petite. Nous aussi, empathiques, mangeons mal et sans appétit.

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