16 septembre 2012
Saisir l'instant

Nous avions gardé la petite pendant presque deux jours. Le temps que ses parents déménagent. C'est toujours une joie immense de l'avoir à nos côtés. Même si cela veut dire que je ne sais plus ce que je mange, je ne fais plus rien de ce que je veux faire. Au fait, elle n'est pas à nos côtés mais au coeur de notre vie. Ce matin, avec application, son grand-père et elle, chacun son tournevis, a monté un petit meuble-jouet que nous lui avons acheté à son anniversaire. Un plaisir de les voir!

En cours de construction, Lui s'est parlé à haute voix: «J'ai de la peine parce que je n'ai pas fait ça avec mes petits garçons!» (il y a plus de 20 ans)

Dimanche soir, après l'avoir ramené, devant le cocon vide d'elle, nous avons vite rassemblé quelque bagatelle pour partir à la campagne. J'en ai profité pour réfléchir un peu sur mes livres. Dans le silence cristallin, j'ai aussi lu au hasard des pages ouvertes en jouissant du temps qui s'égrène doucement. Un auteur méconnu, Alexandre Vialatte en l'occurrence, une plume avertie. Ce qui m'intéresse c'est toujours l'aspect sociologique d'une époque révolue. En m'intéressant à ce qui est si peu tendance, je me retrouve donc moi-même hors du temps. Ce qui m'importe peu.

Ce soir j'ai allumé un feu de bois avec les quelques bûches qui me restent. De nouveau j'habite cette maison qui respire la même quiétude de toujours. De concert, Lui et moi pensons à ce qui nous reste à faire. Sans précipitation.

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