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Hier, visite chez deux librairies d'occasion avec mon amie de Québec. J'ai encore acheté des livres mais je me sens pressée maintenant d'établir rapidement une ligne de conduite plus serrée sur ce que je collectionne en matière de livres. De façon à m'en départir de tous ceux qui ne rentrent plus dans les critères. En théorie, cela me semble bien logique mais je ne sais pas encore ce que je vais vraiment en faire. Après tout, ce n'est qu'un geste pour anticiper le jour où j'aurai à rationaliser les espaces. Un jour lointain encore puisque nous ne pensons plus nous défaire de la maison du nord, les fils en profitent si bien.
Par l'autoroute 20, en retard pour un rendez-vous à Dorval, je cherchais les petites rues, aussi perdue qu'à Vancouver, en me servant de la fonction de repérage de l'iphone. Je me disais que je suis vraiment pas mieux lotie alors que Dorval est sur l'île de Montréal et Vancouver est sur la côte ouest du Canada. L'impression se confirme quand, plus tard, je demandais un verre d'eau à la serveuse de ce restaurant. Elle ne m'avais pas compris en français! En parallèle, au cours des deux heures de route entre Vancouver et Seattle, nous avons écouté un poste de radio parfaitement français. Comparaison boiteuse, certes, entre deux niveaux culturels, mais les impressions demeurent.
Retour vers la quiétude de mon cocon, niché dans un immeuble aussi varié que la société des nations, là où l'harmonie règne. Comme quoi, il ne faut pas désespérer. Même s'il faut être vigilant tout le temps.
L'autre jour, jour d'élection, la scrutatrice qui m'a tendu le bulletin de vote en me prodiguant ses indications en anglais. J'ai dû répéter à deux reprises: En français! La deuxième fois, après qu'elle ne m'ait pas comprise en continuant son baratin en anglais. Notez que je n'ai pas dit: s'il-vous-plaît! et que j'ai bien compris ce qu'elle me disait. Quand elle a passé au français, j'ai bien vu que c'est une canadienne française de souche, mais comme pour bien d'autres, à ma tête de «chinoise», l'on présume que je ne comprend que l'anglais. Je suis bien fatiguée de la situation qui n'a pas évolué depuis trente ans.
L'autre jour encore, à Richmond, banlieue de Vancouver, sur la route numéro 5, au temple bouddhiste tibétain, le jeune moine qui tenait la boutique n'a aucune idée où se trouve Montréal. Quand il a renouvelé l'invitation de venir les visiter souvent, dans un anglais hésitant mais très acceptable, en me demandant combien de temps de distance suis-je située, ma réponse «Six heures de distance en avion» a dû le mystifier! Comme quoi, nous ne vivons pas sur la même planète.
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