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Hier, journée en attente de la petite. En vain. Un saut à l'allée des bouquinistes à côté de la Grande Bibliothèque, sans rien acheter. Le coeur n'y est pas. Je me suis assise sur un banc en ciment devant la bibliothèque, regardant la faune qui passait, jeunes et vieux. Ce jeune couple qui sortait avec un paquet de livres empruntés qu'ils ont sécurisé dans un panier sur le porte-bagages, avant de repartir chacun sur son vélo. Je me sens loin d'eux, si loin. D'ailleurs, je n'arrive pas à m'identifier à aucun des passants.
Déjà, le soleil surprenait après tant de pluie. À ce carrefour mythique, le parc Émilie-Gamelin tout près, je porte en moi l'empreinte des orages violents récents, ainsi que le tumulte des manifestations populaires et nocturnes du printemps. Il me semble incroyable ce soleil, cette apparente indifférence, ce visage en plein jour impassible d'un centre-ville comme un autre. Je reprend ma voiture, fait le tour de la place, revisite les lieux comme une innocente insensible, trop molle pour être là quand ça se passe. J'avais soif, j'avais besoin de caféine. Mais pas vaillante, même pour aller vers ce café, au coin de St-Denis, pour m'y réfugier. Parce que je savais que je n'y serai pas bien. Quand on ne se sent pas dans sa peau, on ne le sera nulle part.
Lâche, je suis retournée vers ma presque banlieue. Avec arrêt forcé pour acheter quelques fruits. L'heure du souper venue, nous sommes allés manger au chinois avec deux fils, la nouvelle copine et deux neveux. Nouvelle du jour: accident d'un fils. Les occupants sont sains et saufs, la voiture est une perte totale. L'autre ayant brûlé le moteur de la sienne, deux des trois fils se retrouvent donc sans voiture. Ils vont finir peut-être par sortir leur vélo, sans oublier la griserie de l'auto, malgré le lot des complications.
Aujourd'hui, écho de l'ébéniste. Il sera retardé d'une semaine ou dix jours. Problème technique, comme pour le briqueteur, qu'est-ce que nous avons à dire? Mis à part de payer en bout de ligne. Cet été sera l'été des attentes. Attente et lassitude.
L'Ipad commandé la semaine dernière est arrivé. Non, seulement son boitier rouge. La petite bête est encore en route. Après l'attente et la fausse joie, virée à l'est. Changement de tempo, j'ai pu entrainer ma mère jusqu'à chez moi, après un passage au marché oriental. Pour la mettre en ambiance, nous avons longuement fait les allées. Pour la mettre en appétit, je m'extasiais devant des friandises, surtout importées du Viêt-Nam. Et j'ai acheté ce plat de bananes cuites et tranchées en lamelles, à déguster avec le lait de coco sucré.
Chez moi, nous avons fait un poulet au curry et lait de coco. Je prétendais ne pas savoir quoi faire pour qu'elle se sente utile en me donnant sa recette. Au fait, j'ai dévié de la recette, plus curry, plus indienne, que j'ai trouvé à l'avance. Nous bavardions allègrement. Et mangions ensuite un plat tout chaud. Après le dessert, Lui l'a ramené chez elle, emportant ses petits paquets. Somme toute, ce fut une sortie agréable pour ma mère qui n'a cessé de complimenter mon installation, me conjurant de ne plus jamais repartir de cet appartement.
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