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Des jours comme aujourd'hui, je suis fatiguée de raconter mes jours. Simplement fatiguée. Puisque tout récit est tronqué, troué, impossible à résumer. D'où, frustration, même avant de commencer. C'est peut-être la différence entre un écrivain et un simple rapporteur.
Nous étions partis à Québec jeudi, après une tentative désespérée de ranger mon bureau jonché de paperasses. Déjà une frustration avant de partir, sans vraiment prendre le temps de préparer une valise. Mais la soirée fut propice. Souper avec des clients, après avoir visité leur nouvelle demeure. Nouvel hôtel, nouveau restaurant. Échanges harmonieux.
Vendredi, réplique de ma dernière visite à Québec et La Malbaie. Pluie et grisaille. Au Musée des Beaux-Arts, je vois l'exposition des femmes artistes surréalistes. Six oeuvres de Frida Kahlo parmi les autres. L'impression se confirme: je me sens très à l'étroit au M.B.A. de Québec, et surveillée par tous ces gardiens zélés. Lui aussi en ajoute: partout où nous sommes passés, les serveurs sont abruptes. Et nos assiettes bien ordinaires. Je ne vais pas nommer des restaurants, au cas où c'est nous qui sont mal tombés.
Déjeuner avec ma grande amie avant de partir vers Charlevoix. Nous avons réservé au Manoir Richelieu que je retrouve avec quelque déception. La chambre au quatrième étage, presque mansardée, s'annonce petite. Je m'y sens un peu étouffée. Peut-être avons-nous trop voyagé, trop vu au cours des dernières années, si bien que ce vieux manoir a perdu de son lustre et son charme. Heureusement, la chanteuse a changé l'ambiance quelque peu pendant que nous nous sommes soûlés ... au Perrier, essayant de «laver» comme on peut les plats en sauce des derniers repas.
Bain tourbillon sous la pluie fine et bain-vapeur à l'eucalyptus, formule miracle pour me réconcilier avec les lieux. Longue nuit et réveil sur un temps plus clément. Déjeuner d'une assiette de fruits et retour vers Baie Saint-Paul après une marche et quelques photos de la grève en contre-bas.
Samedi, route du fleuve, nuages en dentelle, paysages bucoliques. À Baie Saint-Paul, tournée des galeries. Déjeuner d'une soupe et d'une salade. Et retour à Montréal par temps orageux. Souper tout près de chez nous. La tête remplie et les sens rechargés, nous avons l'impression d'être partis depuis longtemps. Retour vers un certain «vide». Comme si amis, enfants, famille sont hors de portée.
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