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Partir il y a cinq jours. Revenir aujourd'hui. Des envolées d'environ quatre-vingt-dix minutes pour un décalage horaire d'une petite heure. Chicago est si près, pourtant la pause fut bénéfique, après deux mois et demie sans répit, riches en rebondissements. J'en étais rendue à jauger ma capacité de course de fond par mon degré de résistance aux incidences stressantes des jours.
Avant de partir, je me disais que ce voyage n'a pas la même saveur que tous les autres, pourtant je l'attendais depuis longtemps. Je me disais même qu'il n'a pas de goût du tout puisque, non seulement c'est la première fois que je visite Chicago, mais aussi la première fois que je pars de ce nouveau chez-moi, un chez-moi que je ne suis pas prête à quitter. Voyez la différence de ton, moi qui disais que de ce pied-à-terre, je partirais plus facilement mais surtout, sans peine.
Et puis, une fois la porte de l'aéroport montréalais franchie, j'étais partie vraiment. Dès les premiers pas sur la chaussée de la ville américaine, j'ai croqué avidement photo sur photo, d'enchantement en enchantement. Je ne vais pas raconter les quatre jours à Chicago. D'expérience, je sais que toute tentative de récit est frustrante puisque je n'aurai ni le temps ni la patience de raconter par le menu. Je ne vais pas encore faire des promesses d'afficher des photos sans les tenir encore une autre fois.
Quatre jours de beau temps. Visite minimale des grands attraits de la ville. Au deuxième jour, Lui s'étonnait de mon choix vestimentaire, jupe et blouse assorties, parce que je ne faisais pas touriste mais trop «chicagoan». Intérieurement, je m'en suis félicitée. Les jours suivants, je suis redevenue touriste à souhait, casquette visée sur la tête pour me protéger du soleil. Nous avons mangé tous nos repas en terrasse, en touristes modèles. Et avons fini quand même par nous reposer un peu, en plus de nous changer les idées.
Partir avec un tout petit bagage pour deux. Revenir sans acheter de souvenir, comme un trophée de guerre qu'il faut ensuite afficher. Revenir avec le sentiment d'être parti très loin. Et depuis assez longtemps pour craindre, l'espace d'un moment, d'avoir oublié des détails importants.
En cet instant même, tout me revient à grands flots. Trop à faire pour demain! À noter que le stress revient avant les détails. Mais je suis revenue par le commencement, c'est-à-dire en reprenant contact avec les fils. Exactement comme si nous étions partis depuis longtemps. Ensuite, je prend le courrier et fais une petite épicerie. En dernier lieu, les urgences s'imposent d'eux-mêmes, n'est-ce-pas?
Vue de ma chambre d'hôtel sur la rivière Chicago
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