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La veille nous étions repassés au perchoir. J'y avais pris une douche avant de m'habiller pour partir à une soirée d'anniversaire dans le même quartier. Au téléphone, fifille me disait qu'il a fallu que je quitte le quartier pour y être invitée. C'est bien vrai, j'ai habité là vingt ans, y travaillant parfois mais je n'ai jamais voisiné socialement. Comme cadeau d'adieu, ce soir-là, nous avons même attrapé une contravention pour avoir stationné dans une zone pour résidents.
Aujourd'hui, jour de la Terre, malgré nos bonnes intentions, nous n'avons pas participé au rassemblement au centre-ville. Je démêlais toujours les cartons, rangeant comme je peux. Comme nous sommes sans frigo et cuisinière, fiston ayant cassé le plateau tournant du micro-onde, nous mangeons le mieux que nous pouvons. Depuis quelques jours, j'avais découvert la salade à la toscane au McDonald au poulet grillé. Tout à fait santé, équilibrée et savoureuse. Huit points Weight Watchers bien investis. J'en prend une fois par jour depuis.
Tard ce soir, le gendre et fifille reviennent à Montréal en deux voitures chargées à bloc. L'un des jumeaux, malgré son genou blessé et ses béquilles, est allé rejoindre sa soeur en autocar pour lui tenir compagnie sur la route du retour. C'est lui d'ailleurs qui a conduit tout le long. Période irréelle pour moi. Tel un déplacement de planètes dans mon petit monde: fifille et la petite à Montréal et moi excentrée par un élan à la fois volontaire et intuitif.
Lui et moi dormons très bien dans notre nouvelle demeure. Sans penser, je disais hier que je compte aller «en ville» en après-midi, au fait, je me sens presque banlieusarde en habitant si près des grands axes routiers. Alors que j'habitais dans un quartier où les rues sont des avenues et les adresses civiques comportent deux ou trois chiffres. Maintenant, je suis sur un boulevard avec une adresse à cinq chiffres. Pourtant je suis toujours à Montréal, quand même, dans un autre arrondissement.
Les ouvriers ne reviendront pas avant deux jours. La vie quotidienne s'organise malgré tout. Je campe à moitié. Ma brosse à dents voisine un tournevis dans une salle de bain balafrée, éclairée par deux ampoules d'une applique murale qui pendouille.
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