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J'émerge de huit jours sans internet au cours desquels tout se passe par le petit écran de l'iPhone. Le minimum quoi. Je poste en rattrapage des notes écrites pour marquer quand même le plus récent tournant de notre vie. Devoir de mémoire de ce journal. Au cours des derniers jours, j'ai quand même eu la réflexion que je vis très bien sans le monde de Sally au quotidien. Il faut dire que je n'ai pas eu le temps de m'ennuyer. Aussi, j'ai eu une petite pensée malicieuse pour le peu de lecteurs qui me suivent. Eux aussi ont eu le temps de constater qu'ils s'en passent très bien du monde de Sally ou bien ah zut, les rideaux sont fermés, je ne vois plus rien de ce qui se passe à l'intérieur de cette demeure, là où je pensais tout savoir de cette femme qui se dévoile sans pudeur ni retenue.
Le 20 avril donc, un vendredi où il a fait froid, les déménageurs sont arrivés. La nuit d'avant j'ai mal dormi en pensant à la dernière nuit que je passais à ce perchoir, après vingt ans en constante transformation. Les déménageurs ont l'air jeune et frêle mais ils ont très bien fait leur travail. Après une journée de dix heures, le perchoir est presque tout vidé, le camion rempli puis transvidé dans un cocon encore en chantier. Les ouvriers posaient toujours le plancher dans notre chambre, les salles de bain sont en friche - encore maintenant - la grande garde-robe et la lingerie embourbées. C'est pour dire que les cartons sont partout et les objets éparpillés bien loin de trouver leur destination finale.
Pour la nuit, Lui voulait aller à l'hôtel, je suggérais la chambre d'amis chez ma soeur. Nous avons fini par monter notre lit dans une chambre encombrée et poussiéreuse pour y dormir une très bonne nuit franchement!
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