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Ce soir, sentiment de soulagement. Le dossier épineux a franchi une étape délicate.
Les clients respirent mieux, moi aussi. Je n'aurai pas à refaire tout le travail des trois dernières semaines. Le monde est ainsi fait, quand la sauce prend mal et nécessite mille attentions, on mérite mieux notre salaire. Autrement, les gens pensent que l'on est payé pour rien. Pourtant, c'est le même doigté, la même recette et le même bagage d'expertise.
Ce matin, j'ai vu les hommes à qui j'ai commandé une soumission pour changer tout le devant des armoires de cuisine. Si la soumission est trop salée, je ne changerai que quelques portes. On verra bien. Déjà que je choisis d'autre solution moins coûteuse, pour le plafond par exemple. Et je ferme les yeux sur le plancher de tuiles.
Sortie avec ma mère qui fut très agréable, très alerte. Elle s'y plaît de mieux en mieux à la nouvelle résidence de mon père. Surtout qu'elle a rencontré là un homme centenaire qui vient de la même ville que nous au Viêt-Nam. Imaginez, partir d'une même ville de l'autre côté de la terre pour se retrouver au même endroit trente-sept ans plus tard. Ce monsieur est très lucide à son âge, ce qui réconcilie ma mère avec la sénilité qu'elle voit chez d'autres résidents.
Ce soir, repos du guerrier. Repos ou léthargie? J'ai tant à faire.
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