21 mars 2012
Frénésie

Ce nouveau dossier m'accapare tout entier. La puce m'amène partout. Je vais, je viens, en manches courtes ou sans manche comme un promeneur en été. En vérité, je suis bousculée. Comme un cheval, je suis les sillons. Le sillon de l'heure, sans plus. Tout le reste est mis de côté.

J'ai quand même vu les fils ce soir. Je leur sers ce que j'ai au frigo. Moi-même, je mange distraitement. J'amène les fils visiter le nouveau logement. Ils rigolent comme des chiots qui s'ébattent dans la torpeur de l'été. Et plus occupés par leur vie propre que la mienne. Demain, ils se joindront à la manifestation étudiante.

Nouvelle bousculante: mon père doit changer de résidence très vite. L'administration a sa logique. Il faut s'y faire. Comment va réagir ma mère plus fragile, et mes frères plus cassants. Mes soeurs et moi nous sommes les coussins amortisseurs, encore une fois.

Ce soir je suis vidée. Je vais me coucher tendue. Je me demande à quelle heure je vais me relever pour avancer les paperasses de l'autre dossier. Pour la première fois, il me vient à l'idée que je ne pourrais peut-être pas aller à la prochaine pièce de théâtre. Dire que je suis sensée me préparer à être plus libre ...

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