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Jour 1, nous, quatorze personnes, armes et bagages, embarquions dans l'Oasis des mers. Imaginez les quatorze perdus dans six milles autres qui seront servis par deux mille cinq cents employés pendant sept jours et sept nuits: une logistique bien huilée! Imaginez un centre d'achat, couplé d'un parc de verdure, de jardins d'agrément, de casino, de salles de spectacles, de cabarets, de restaurants, de station thermale, de plusieurs piscines, etc. Imaginez-vous avec une seule carte magnétique qui vous sert de carte d'identité, de clé de chambre et de carte de crédit.
La soeur l'experte nous faisait visiter partout sur dix-sept étages, à l'exception de la cale où sont refoulés les employés en quart de repos, j'imagine. J'apprend un mot anglais «aft» qui veut dire l'arrière du bateau. Ma chambre est impeccable et ingénieuse, avec ses petits tiroirs et armoires, et un vrai balcon sur la mer.
Jour 1 et 2 c'était donc la découverte et un bon contrôle sur l'alimentation. Jour 3 et 4 c'était l'appréciation, par exemple du petit-déjeuner servi dans la chambre que nous prenions sur le balcon, les orteils à l'air, pour ne nommer que ceux-là, devant le spectacle de l'océan à perte de vue.
Jour 5 et 6 c'était le lâcher prise, l'effet de foule, l'abandon aux douceurs des desserts, après la deuxième assiette, l'autre bouchée juste pour goûter, etc. La routine du petit-déjeuner très santé et sobre, du déjeuner au gré des vents, du dîner en salle à manger avec vin et grand service. Jour 7, reprise en main des bonnes intentions. Jour 8, déjà le débarquement.
Dimanche et mercredi, tenue de soirée et photos d'apparat. Mais je me suis habillée chaque soir, à la surprise de mes soeurs, pour mon plaisir d'utiliser tout ce que j'ai mis dans la valise. Il y a quand même un plaisir confortable de se retrouver en terrain de connaissance chaque soir, autour d'une table.
Lundi, nous avions fait escale en sol haïtien, mardi en terre jamaïcaine et jeudi au Mexique. Mélange de plages, de saveurs furtives à couleur locale, d'installations touristiques et mercantiles plus qu'évidentes. Mais nous sommes des moutons, gavés jusqu'aux oreilles, dociles et consentants. Je ne suis plus sûre que je veux faire la croisière méditerranéenne prévue pour l'automne qui vient.
Aujourd'hui donc, nous sommes revenus à Fort-Lauderdale en avant-midi. Quatorze personnes, comme les six milles autres, un peu plus grasses, et plus distantes devant la nourriture, et pour cause. Comme nous ne repartons que ce soir pour Montréal, l'après-midi a servi à jeter un coup d'oeil sur la plage de Fort-Lauderdale, définitivement plus plaisante que celle de Miami et à ... dévaliser encore quelques grands magasins. J'ai encore acheté des cadeaux aux enfants, des vêtements en solde, certes, mais quand même. Tant et si bien que nos valises ont dépassé le poids permis. Nous avons dû en trimballer, chacun un sac en plus, à bord d'un avion plein à craquer de vacanciers de retour au bercail.
À 1h du matin, je viens d'apprendre que nous avançons les aiguilles d'une heure. Très courte nuit mais nous avons déjà commencé le déballage des valises. Rien ne sert de trainer, demain c'est le plongeon. Des clients nous attendent.
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