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Dans la nuit, Fils premier nous a conduit à l'aéroport et il en est reparti avec nos bottes et nos manteaux. Vague impression d'être partie en laissant mon coeur derrière, dispersé entre les enfants. Pire encore, nette sensation de disparité injuste quelque part entre les moyens modestes de mes jeunes étudiants et nos vacances à grands frais. Décalage perpétuel entre ce que je pense et ce que je vis, entre ce que je fais et ce que je suis sensée faire.
Il me semble que le labyrinthe de sécurité s'est multiplié depuis la dernière fois. Notre carte d'embarquement s'est faite scanner à peu près douze fois. Mais pas de fouille à proprement dite ni portique qui dénude même si la machine est là, menaçante.
Moins de quatre heures d'envolée qui m'ont paru aussi longs que la traversée de l'Atlantique. Fort Lauderdale dans le soleil et la chaleur. Grosse voiture utilitaire américaine louée, immatriculée au Tennessee. Déjeuner aux Crabe Cakes, les meilleurs que j'ai jamais mangés. Que du crabe, pas de panure. Au four et non frit. Il est vrai que c'est un restaurant pour gourmets, au prix de vacanciers aisés.
En route pour Key West, nous avons fait le zèle de prendre la route 1 dans toute sa longueur, négligeant les autoroutes, passant par Miami et toutes les feux de circulation et les limites de vitesse, etc. Coups d'oeil sur Miami certes mais nous nous sommes allongés de près de deux heures! Mais le charme de Key West nous a calmé rapidement. Nous avons même trouvé nos forces pour marcher longuement dans les rues luxuriantes de végétation tropicale, avant de nous régaler de Lobster roll sur la mythique rue Duval. Le pain fourré de chair de homard et mayonnaise n'est pas raffiné comme celui de Plymouth, Massachusetts. Il est au moins très bien rempli de homard, comme les gloutons les aiment! Comme dessert, sur le chemin de retour, goûtons au Key West Lime Pie. C'est vrai que la tarte est très bonne, avec l'arrière-goût âcre de la lime, malgré le sucre!
Très bonne nuit en perspective. Au programme demain, visite de la maison de Ernest Hemingway. Quand à Michel Tremblay, non, je ne sais même pas où se trouve sa maison!
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