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Servir à une assemblée de mes voisins à la campagne des portions du gâteau de riz gluant du Têt. Ils ont goûté tous, polis. La plupart n'aime pas, j'en suis sûre. Mais je ne peux laisser passer l'occasion de venir gratter sur la vitre opaque des ignorances. Gentiment, je vous assure. Sans insister, sans porter de jugement. Le clin d'oeil est dans le fait que j'avais servi en complément, de la marinade de zucchinis, de production artisanale, que j'avais achetée au village l'an dernier. De quoi leur faire s'extasier sur un terrain connu.
Enfourner trois poulets aux herbes et citron. Les emballer précautionneusement, tout chauds, pour les amener chez mon frère, en ville. Se réunir tous, dans l'odeur d'encens, chez mes parents, dans une maison surchauffée. L'arrivée prévue à 15h s'est égrenée jusqu'à 18h. Souper et voeux du Têt chez mon frère. Ambiance chaleureuse. Une table sobre pas trop chargée. Malgré tout, le riz gluant et consorts sont un écart dans mon alimentation.
Devant les jeunes assis en cercle, les moins jeunes les encadrant, dans tous les recoins, j'ai relaté l'histoire de l'arrivée de la famille au pays en 1975. Ma plus jeune soeur avait presque neuf ans, j'en avais vingt-quatre. Mon père avait quarante-neuf ans. Nous étions dix, sans le sou, endettés même pour payer notre passage. Aujourd'hui, nous sommes établis, confortables dans nos racines nouvelles plus aussi neuves. Et ma plus jeune nièce a neuf ans, forte de ses cousins et cousines. La génération montante.
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