14 janvier 2012
Voyage autour de ma chambre

J'enfile le deuxième Laferrière, comme on se faufile dans le trafic automobile, en terrain connu.

Je lis Haïti comme je lis le Viêt-Nam aussi, pourtant, notre seul trait commun est la culture française.

Port-au-Prince des saveurs, des odeurs et de la poussière. Tout comme Saïgon de mes souvenirs.

Je partage avec Laferrière le Montréal du quotidien.

Depuis quelques jours, et quelques nuits, je râle. De la morve que je n'ai jamais su comment cracher. De mes narines rendues ultra sensibles, je me sens respirer chaque graine de poussière. Insupportable.

Je viens de virer ma chambre à l'envers. Apparaît toute la poussière rendue invisible pour des yeux myopes ou presbytes, complice du confort des habitudes, tapissant tous les recoins. Au fait, cette chambre est perdue aux mains de l'ennemi depuis des lustres. Je n'avais que la surface du lit, un petit coin de la table de chevet et ce petit tas de vêtements. Et droit de passage de la porte au lit sur un plancher en apparence propre.

Je n'ai jamais été dupe du pouvoir du petit plumeau swifter que Lui brandit avec autorité, se prenant pour un prestidigitateur. Lâche, je lui ai toujours cédé la balayeuse. Son achat, sa manipulation, ses fréquences. Il est temps que je reconquière un territoire que les féministes croient m'avoir libérée ...

Reprendre possession de la balayeuse. Je ne m'attendais pas à cette résolution de début d'année ...

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