25 novembre 2011
J'en suis là

Je ne suis pas venue écrire depuis trois jours, non pas parce qu'il n'y a rien à dire. J'avais simplement oublié de venir ici. Je n'ai pas manqué de temps même si nous sommes allés passer près de vingt-quatre heures à la campagne, essayant d'avancer le dossier de ma future maison, dans un sens où dans l'autre. Il faut seulement que je me décide de procéder ou pas à la mise en marché de ce refuge qui m'a bien comblé depuis douze ans. Il ne tient que de moi pour le faire. Je le ferai sans aucun doute bientôt. Sans trop penser à la bousculade qui en découle. Si bousculade il y a.

Théâtre jeudi soir pour Ha! ha!. Prose de Réjean Ducharme pour la première fois pour moi. J'ai avalé la première partie de travers, affectée par tout ce kitsch en rafales. Lui voulait quitter à l'entracte. J'ai persisté. À la fin, j'ai fini par apprécié le travail des comédiens. Au moins, maintenant, je connais, à défaut d'apprécier, cet auteur.

Aujourd'hui, sortie avec des clients au restaurant. J'essaie de suivre mon régime alimentaire jusqu'au moment où, étourdiment, j'acquiesce à la commande de la banane frite nappée de miel et de lait de coco. Péché!

Par ailleurs, pas de prouesse culinaire. La routine s'installe. Plus difficile de perdre du poids cette semaine. Pourtant je fais ce qu'il faut. C'est presque prévisible, malgré la facilité des deux premières semaines. Sinon, la question n'aurait pas été le cauchemar et l'obsession de plusieurs.

J'ai ramené de la campagne le livre sur la fille de Staline que je lis sans relâche depuis, plus par curiosité que par intérêt vraiment. Malgré tout, je ressentais l'oppression soviétique, la brutalité stalinienne et la marche implacable de l'histoire. Tant et si bien que vers le milieu du livre, j'ai eu la réflexion qu'il faut être masochiste de ma part pour me tremper dans ce climat. Après tout, je suis vietnamienne et la raison première de mon arrivée au Québec est la crainte justement du joug communiste. D'autre part, j'ai revécu une certaine ambiance rencontrée à St-Pétersbourg, même si je n'ai pas vu Moscou. Et je comprend la position de quelqu'un qui se trouve chez soi partout ailleurs, ou bien qui cherche à mettre une étiquette sur chacune de ses racines. Je le fais d'ailleurs parfois.

Hier j'ai fait la connaissance d'une jeune femme vietnamienne fraichement arrivée à Montréal avec ses deux enfants adolescents. Depuis hier donc, je me suis mise en tête le désir de l'aider à se trouver un emploi et une stabilité pour ses enfants. Pourtant, je ne la connais pas. Faut-il vraiment que je me trouve une cause?

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