09 novembre 2011
Ma vie riche

Jour 2. Mettre ma tenue noire pour aller aux funérailles où la famille et l'ensemble des visiteurs sont dignement sereins. C'est vrai qu'il est le temps de partir pour une femme de 92 ans qui n'est plus que l'ombre d'elle-même depuis trois ou quatre ans.

Aller me faire prendre en photo-passeport pour répondre à un document. Le photographe s'est repris deux fois avec moi. J'ai vraiment l'air de ce que je suis. Ce n'est pas rien que les dernières fois où j'ai pris le métro, on me cède un siège à chaque fois. «On» sont des jeunes femmes, pas une seule fois de jeunes hommes encore.

Avec Lui, nous sommes passés chez le naturiste. Pour une fois, il me voit et participe à ma réflexion d'achat et de consommation de tous ces vitamines et suppléments. Il me semble que récemment je ne fais que dépenser dans ce domaine de santé optimale.

Enfin nous finalisons les billets d'avion pour cet escapade d'hiver. Un peu de stress incontournable. Des nouvelles arrivent par téléphone. Stress supplémentaire par empathie. Tout cela me retient au perchoir et me fait manquer la sortie-bougeotte prévue. Oui, tout est prétexte à bouger, marcher, faute de pouvoir réellement faire des exercices.

Apprentissage toujours de la calculatrice de points. Pour le moment, j'essaie de naviguer dans la nourriture disponible au frigo. Et je commence à annoncer à la ronde ma nouvelle entrée en religion! Première constatation puérile: ça ne fait pas mal! Deuxième remarque: jamais je ne suis aussi consciente de la présence d'un restant de gâteau, vestige du souper de vendredi dernier, tapis au coin du frigo. Ce qui prouve que d'habitude je me nourrit très sobre, très santé, sauf pour ces restants de ceci et de cela que l'on avale rapidement, pour ne pas jeter, ne pas gâcher, etc.

Finir le livre de E.E. Schmidt. Je vais probablement reprendre le recueil de plusieurs livres de Berberova. Celui d'Hemingway vient d'arriver et il attend au pied de mon bureau.

J'ai décidé de titrer cette entrée ainsi, par opposition à certains que je vois autour de moi. Précaires parce qu'ils commencent dans la vie, parce qu'ils sont mal partis. Ou sur la pente dangereuse du fil du rasoir pour toutes sortes de raison.

hier consulter les archives demain

retour à la page principale