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Assaillie par le sentiment de l'urgence. Voilà comment je me suis sentie aujourd'hui. Tant et si bien que je ressens déjà des gestes vains que je veux poser. Sentiment d'impuissance décuplé puisqu'en même temps, dans l'espace privé, existe cet individu obsessionnel et borné, comme une épine dans le sabot dérange. Supplice sournois. J'en viens à avoir envie d'abdiquer, abandonnant ainsi le sourd et les autres muets qui le soutiennent tacitement en ne disant rien.
Colloque en après-midi qui allume, même si comme toujours, je me sens seule dans ma différence. Décalée en ma génération et ma minorité. En ma profession aussi.
Je suis retournée en soirée dans la même salle mais beaucoup plus bondée, pour la première du documentaire, «République, un abécédaire populaire» de Hugo Latulipe. Il y a là une poésie et un espoir. Mais le fait le plus étrange est de se faire mettre, à l'entrée de la salle, un tampon sur le dos de ma main. Pas n'importe quel tampon, un tampon représentant le marteau et la faucille. J'ai regardé ma main comme si elle ne m'appartient plus.
Après le documentaire, nous sommes allés dans cet hôtel à la porte de l'aéroport, y retrouver nos quatre enfants. Fifille est en route pour Toronto, ses frères sont là, comme nous, pour le plaisir d'être ensemble. Conditions pas nécessairement idéales ainsi, en fin de jour, mais nous avons pris ensemble une photo, tous installés sur le grand lit blanc.
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