01 octobre 2011
Ce n'est que le 1er du mois

8h15, nous sortons de la maison. J'avais mon manteau, mon foulard, mon béret. Les clients venus de l'extérieur de la ville se font attendre. Une heure avec eux à échafauder sur leur projet de vie. Leurs enfants sont encore très jeunes, les miens presque trop vieux en comparaison. En la matière, je fais figure de vieux sage. Sur bien des questions, j'essaie d'être vieux sage et non dinosaure ...

10h15, passage au perchoir. J'essaie de mettre de l'ordre dans les papiers, sur les bureaux. Mais aussi de jauger le temps de déplacement, la séquence des activités de la journée pour ne pas oublier des détails. Comme offrir des canettes de sirop d'érable aux voyageurs.

11h15, au salon funéraire. Comment compose-t-on un air de circonstance? Photo du disparu devant la salle. Souriant mais vieilli. Dans la salle, la veuve et ses filles. Ce qui est bien ici c'est que l'exposition sans dépouille enlève du drame. Retrouvailles avec une famille que nous avons perdu de vue, sans le mort, plutôt que condoléances formelles. Je me suis donnée le devoir de reprendre contact avec la veuve dans quelques semaines.

12h15, la température va de mal en pire. Nous sommes allés chercher le jeune couple de belges, elle, nièce d'une copine, lui que j'ai à peine croisé il y a quelques semaines, pour manger et leur faire faire un petit tour de croisière sur le fleuve! Par pareil temps! Mais les billets sont déjà achetés ... Si je prend un rhume dans les prochains jours, on sait bien pourquoi!

16h, nous les avons laissés devant la basilique Notre-Dame, avant de passer à la pâtisserie. Mes enfants viennent souper. Des moules en quantité, presque dix kilos. Rien de plus rapide à servir. La petite se laisse apprivoiser doucement par les oncles. Je suis trop fatiguée pour manger vraiment, ou pour profiter de l'instant. Après le souper, la vaisselle ramassée, je me sens mieux. La petite a fini par se dégourdir.

22h, je suis incapable de lire toute la documentation pour la réunion dans deux jours. Incapable de monter ce dossier qui attend depuis l'avant-veille. Tant pis, je me couche. Demain, c'est un autre jour.

J'ai l'impression de faire ce qu'il faut faire, sans émotion réelle.

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