18 août 2011
État de la situation

Depuis trois jours que je suis chez la petite, mon temps est rythmé par sa routine. Et je m'endors comme si je n'ai que ça à faire. Deux siestes et une nuit pas trop courte, toutes les vingt-quatre heures. Dormir pour faire passer cette lune noire qui a frappé très fort ce mois-ci. Je me suis rendue compte qu'elle était pleine alors qu'elle entamait déjà son oeuvre. Si j'avais écrit il y a deux jours j'aurai écrit que dormir est une fuite en avant. Maintenant, je dirai que dormir fut un repos des esprits et des âmes.

Ces derniers jours furent donc un repos à ma routine et une cassure dans ces longs jours d'attente. Attente des uns et des autres, attente de passer à l'action. Attente et routine, combinaison explosive. Ceci dit, le fond des choses ne change pas. Il n'y a que le modus operanti qui coïnce et nécessite un peu de graissage. Ou plus d'eau dans son vin. Le problème est que c'est encore et encore de l'eau dans son vin. Pour moi qui est susceptible. Non pour les rouleaux compresseurs.

Je suis venue ici avec mon livre mais je n'ai rien lu. Avec mon dernier tricot inachevé, mais je vais le défaire. Taille trop petite pour la petite qui pousse quand même, malgré son petit gabarit. Je crois que j'ai choisi le prochain modèle. Les deux prochains. Cette fois-ci, je vais acheter de nouvelles laines je crois. Et je tricoterai en taille deux ans, ainsi, j'aurai le temps de finir même si je traine en chemin. Et puis, il faut tenir compte des saisons.

Seule réalisation de ces derniers jours, introduire la nourriture plus solide à la miss. Progrès certain de jour en jour. Faire cuire quatre petites carottes. Un bout de courgette du jardin. Une petite main qui tient solidement son butin. Deux petites dents qui grignotent. Des éclaboussures quand elle souffle sur une bouchée qui déplaît. Je ne change de vêtement que parce qu'elle m'a arrosée, pas pour sortir puisque je ne sors pas. Le premier jour, je me suis fait un "kraft diner" pour me nourrir, témoin du ravage de la lune noire. Le deuxième jour, que de viande. Le troisième jour, j'émerge en pensant à mieux manger, brocoli et courgette farcie au boeuf haché ultra maigre.

Aujourd'hui, il faut assumer les restes du frigo, puisque nous rentrons à Montréal dans vingt-quatre heures. À la fin de la journée, peut-être sortirai-je avec la petite dans sa poussette. Le temps que sa mère fasse un peu de ménage, un peu de jardinage.

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