21 août 2011
Vie d'aujourd'hui

Il y a deux jours, sur le chemin de retour vers Montréal, j'ai assisté à une scène des plus actuelles. Nous étions arrêtées à une station d'essence des plus dépouillée. Le genre de station qui ne vende de l'essence que pour un service complémentaire aux routiers d'expérience, alors que dans la vitrine une pancarte laconique annonce la disponibilité de douche, non pas pour vous et moi, évidemment.

Nous étions arrêtées donc au milieu de nulle part que pour me permettre de passer à la banquette arrière afin de nourrir et d'entretenir la petite qui s'est réveillée d'une longue sieste en voiture, alors que la route est encore bien longue avant notre arrivée à la maison du nord. J'avais remarqué une petite voiture rouge arrivée quelques minutes après nous, se rangeant de côté en position d'attendre quelqu'un ou quelque chose. Au volant, une jeune femme blonde. Juste avant que nous ne repartions, arrivait en pompant sur ses freins, un poids lourd qui s'est à peine rangé le long de la route.

Tout de suite, je me suis dit que le poids lourd doit probablement changer de chauffeur et que la jeune femme va donc prendre la relève au volant. Mais elle s'est dirigée vers la portière du côté passager, portière qui s'est ouverte prestement au moment où le mastodonte poussait un dernier soupir avant de s'immobiliser tout à fait. "Tiens donc, me suis-je dit, elle vient croiser son amoureux sur le passage de sa route de camionneur!", au moment où elle a grimpé sur le marche-pied, avec l'air de savoir très bien ce qu'elle fait.

Fifille a re-démarré sa voiture pour poursuivre notre route. Quand nous avons passé à côté du mastodonte, quelqu'un a passé à la femme blonde une petite mallette rose et un sac de papier fleuri. Apparaissait dans la fenêtre une petite fille d'une huitaine d'années que sa mère j'imagine aidait à descendre sur le marche-pied.

Nous étions vendredi en fin d'après-midi. Fifille disait tout haut: "Ah, une passation de garde d'enfant, après une semaine, ou pour la fin de semaine!" Nous n'avons pas commenté plus loin mais la scène a frappé mon imaginaire! Cette petite fille blonde aux longs cheveux qui passait de son père à sa mère, non pas au pas de la porte de la maison familiale mais sur le marche-pied d'un poids lourd, au milieu de nulle part!

Nous sommes arrivées en soirée, fifille et sa fille, moi, mère et grand-mère, à la maison de campagne où se trouvaient déjà Lui et fils premier. Hier, sont arrivés le benjamin et sa petite copine, alors que nous sommes partis faire les emplettes à fin de nourrir l'armée ... le clan, je veux dire! Alors qu'il n'y avait pas eu de réelle confirmation et qu'il pleuvait lamentablement, en ville comme à la campagne.

La nuit dernière, éclairs et orage violent. Malgré tout, aujourd'hui, une trentaine du clan sont arrivés sans cérémonie. La petite a fait fureur avec ses moues et son minois. Malgré la pluie, barbecue et blé d'inde. Et conversations et rires. Sans promenade ni baignade. Jusqu'au soir, nous avons mangé sans relâche. Je suis apaisée et détendue.

Ce soir, tout le monde est reparti, sauf fifille et sa fille, et fils jumeau et son jeune cousin. Nous sommes en ville pour aller à un rendez-vous d'affaires tôt demain matin. Mais nous y retournerons tout de suite après ... pour vider le frigo qui est toujours très plein.

Il me reste trois petits jours et beaucoup à faire avant de partir pour trois semaines. Heureusement que mon équilibre est revenu!

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