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Hier, j'étais encore au Centre pour voir l'infirmière-en-chef. Et puis j'ai trainé une hypoglycémie que j'ai tardé à agir. Fifille est revenue avec sa petite famille, dans un camping-car, plus petit que la grosse tortue mais plus neuf, loué pour la semaine. Pour partir en Gaspésie avec des amis qui viendra de France le lendemain. Joyeuse soirée avec fifille et gendre, malgré ma fébrilité pour la fête en perspective.
Aujourd'hui, tôt levée, j'avais la petite dans les bras. Ensuite, c'est la mise en place du buffet. J'avais lavé hier les verres et assiettes et tout disposer à portée. Ce matin, Lui est aller chercher le plateau de sushis, le porc grillé en broche et le gâteau sans lait ni beurre. J'ai mariné les hauts de cuisse de poulet, préparé ma salade, sorti les marinades, ail des bois et kimchi.
Nous étions vingt-trois quand même, incluant les cinq petites filles à qui j'avais acheté de petites surprises. La nourriture était suffisante, sans gaspillage. Le champagne coulait à flots. Le gâteau était excellent. Petits dégâts inhérents à la présence d'enfants, mais tout baigne.
À 15 h, tout le monde est reparti. La petite famille s'en est allée chercher les amis à l'aéroport pour quitter Montréal directement ensuite. J'avais les pieds qui me font mal. Lui aussi, satisfait et repu, pique un somme. À la fin du jour, en boitant, nous sommes partis à la campagne. Cette fois-ci, je n'ai rien amené du frigo.
Je me rend compte que l'idée de faire cette petite fête m'avait stressé depuis quinze jours. Et l'Attente mentionnée la dernière fois cristallise surtout l'attente de mes enfants, une attente volontaire, un peu souffrante, un peu joyeuse. Une attente qui, s'en le vouloir, rend les enfants concernés vaguement coupables. Une attente que j'ai déjà observée chez ma belle-mère, du temps de son vivant. Nous voilà donc rendus, dans l'autre versant. Ainsi, mon réflexe est de multiplier projets et voyages, à fin de ne pas cantonner cette attitude d'attente stérile.
Mais toujours, il y aura de ces petites attentes anodines, comme lorsque l'on fait le guet, sur le qui-vive ... Les fils vont partir, ont-ils leur passeport en règle? Vont-ils passer la douane sans problème? Sont-ils bien rendus? C'était il y a un mois, une quinzaine, une huitaine ... Maintenant, je suis dans l'attente de leur retour, dans une autre huitaine ... Suis-je de nature si inquiète?
Et je cultive une attitude de tortue. Sage et patiente, en apparence. Puissance et longue vie, à ce qu'on dit. En témoignent, toutes ces tortues en effigie qui m'entourent.
Ces tortues sont celles qui m'accompagnent en ville. J'oublie toujours de prendre en photo, celles qui sont à la campagne.
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