20 juin 2011
La ville-éteignoir

Hier, dans le matin calme, j'étais encore entrain de réaligner les livres dans la bibliothèque de la salle de séjour. Même classement par titre d'auteurs. Classement incomplet certes, mais je le garde pour l'instant. Quoique tout ce qui est journaux et biographies et correspondances sont regroupés en haut, à côté de mon petit pupitre. Pour revenir à ce rangement densifié, je gagne de l'espace, assez pour ajouter deux tablettes à l'étagère.

Réunion annuelle pour l'assemblée des garages dans ma salle à manger. Des voisins discutaient ferme. Lui présidait, affable, moins expéditif qu'il ne l'a déjà été. J'offrais le café. Et quelques appuis aux discussions.

Après un autre repas vide-frigo, nous sommes rentrés en ville. Tôt, pour aller chercher la céramique déjà réservée pour le dosseret. Mais aussi pour aller à l'Allée des bouquinistes, derrière la Grande Bibliothèque. Depuis quatre ans qu'elle existe, c'est la première fois que j'y suis allée. Dimanche après-midi, même la ville est tranquille. J'ai trouvé deux livres, le journal de Charlton Heston (1956-1976) et l'autobiographie de David Suzuki. Le premier assez abimé, le second presque neuf.

Au perchoir, Lui découvrait la sélection de vins, en demie-bouteilles, que j'avais secrètement trouvé et emballé. La fête des pères est mollement célébrée. Un fils est allé manger avec nous, son jumeau a téléphoné. Fifille dit quelque chose lorsque nous l'avons vu sur skype. Et le plus jeune est introuvable. Je pense à mon père qui est sorti d'hôpital et revenu au Centre.

La nuit dernière, j'ai fait des rêves étranges. Le dossier problématique me préoccupe. Malgré son air d'été, la ville et ses démons me tarabustent. Un reflux gastrique en est la manifestation physique.

Aujourd'hui, je suis aux abois. D'une part, l'attente des nouvelles du dossier. Je me demande bien qu'est-ce que je peux faire de plus. La petite commence à fréquenter une garderie en milieu familial. Mon plus jeune fils a vingt-quatre ans. Mon joueur de rugby a rendez-vous avec l'ostéopathe qui, je l'espère, pourra le convaincre de prendre sa retraite de ce sport très physique. Pourquoi certains choisissent des sports d'équipe alors que d'autres préfèrent des activités en solo? De nouveaux clients se manifestent ...

Après-midi entier passé avec ma mère et mon père. J'hésite longtemps, j'écris et efface. Finalement, c'est tout ce que j'écris sur l'après-midi. De retour, je suis à plat. Un spaghetti et je m'écrase pour une somme réparatrice au salon. Incapable de m'attaquer au téléphone pour ce dossier en suspens.

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